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Le projet de mur antidrones européen ne mérite ni tout l’honneur, ni l’indignité qu’on lui fait. Simplement, l’entrée dans le jeu de l’Union Européenne et l’affaiblissement de l’Otan par les Américains n’exemptent pas les États européens de jouer leur rôle au soutien de l’Ukraine.

Cette semaine, Qant rend hommage au Piranèse (1720-1778)

Le projet de mur antidrones européen ne mérite ni tout l’honneur, ni l’indignité qu’on lui fait. Simplement, l’entrée…
  • Faites-leur peur, mais pas la guerre • La guerre hybride russe contre l’Europe, longtemps limitée à des cyberattaques et de la propagande, contre les JO de Paris par exemple, a pris une nouvelle ampleur. Des avions russes ont violé l’espace estonien, des drones militaires ont survolé la Pologne et la Roumanie, et des engins civils — probablement manipulés par des forces spéciales — ont perturbé le trafic des aéroports de Copenhague, Berlin et Bruxelles. Ces provocations cherchent moins à ouvrir un nouveau front qu’à semer la peur, rendre le soutien à Kyiv et aux forces antirusses politiquement coûteux, et en général profiter de la position ambiguë des États-Unis et de l’affaiblissement de l’Otan qu’ils ont causé.
  • Un grand placebo vers l’avant • Face à cette tentative de fragiliser la cohésion européenne, un conseil européen informel à Copenhague a lancé cette semaine le projet d’un “mur antidrones” européenne. La Commission rendra une feuille de route sous deux semaines, que le Conseil devra approuver la fin octobre. Notre dossier ci-dessous examine en détail les défis technologiques, militaires et politiques auxquels l’idée sera confrontée. L’IA sera au cœur de ce « système de systèmes » dont le déploiement ne sera sans doute pas complet avant plusieurs années.
  • EN FILIGRANE : Drones et flotte fantôme. Tant que le front ukrainien saigne, Moscou ne peut pas affronter directement les pays européens et l’Otan, même minée par Donald Trump. Une riposte coordonnée sur son flanc nord — notamment via le verrou baltique — suffirait à lui couper une partie de ses revenus pétroliers. Entre 30 % et 60 % du brut russe transitent encore par la mer Baltique. Le Danemark et la Suède pourraient exiger que seuls les pétroliers assurés et conformes aux normes environnementales traversent l’Øresund, sous pilotage obligatoire. Une mission navale européenne pourrait contrôler la zone et bannir la flotte fantôme russe. Cela jette un jour plus précis sur l’arraisonnement d’un pétrolier fantôme au large de Saint-Nazaire, cette semaine.

À SURVEILLER : Riposter sans tomber dans le piège. Si l’Europe ne veut pas céder au chantage hybride, elle doit imposer des coûts stratégiques : renforcer la frappe ukrainienne et asphyxier les exportations russes via la Baltique. Une coalition de pays pourrait ainsi décréter qu’à chaque escalade russe correspond une livraison immédiate d’armes à longue portée — Scalp-EG, Storm Shadow ou Neptune, sans parler des missiles Taurus allemands que Kyiv attend toujours. Dans ce contexte explosif, réunir l’opinion autour d’un bouclier anti-drones et faire entrer les institutions européennes dans le jeu semble perçu comme une distraction par les capitales de certains « grands pays ». Or, c’est une brique politique essentielle.

Scaleup Europe Fund • **Segments.ai • Serena Capital • Uber **

  • En voiture, Ursula • La Commission européenne prévoit de présenter en 2026 un cadre juridique unique pour les startups, destiné à faciliter leur croissance au sein de l’UE. Ce « 28e régime », qui vise à simplifier les démarches transfrontalières et à améliorer la rétention des talents, s’inscrit dans une stratégie plus large comprenant le Scaleup Europe Fund, doté de plusieurs milliards d’euros, et une approche « AI first » pour accélérer l’adoption de l’intelligence artificielle dans les entreprises européennes. S’exprimant à l’Italian Tech Week à Turin, la présidente Ursula von der Leyen a proposé d’appliquer cette approche pour développer les voitures autonomes, affirmant que l’intelligence artificielle pouvait relancer le secteur automobile et renforcer la sécurité routière. Elle a proposé un réseau de villes européennes pilotes, déjà soutenue par 60 maires italiens.
  • Monte à bord, Serena • Serena Capital vient d’annoncer le premier closing de son nouveau fonds Serena IV à 200 millions d’euros, sur un objectif final de 250 millions, dédié à l’intelligence artificielle appliquée et à la transition énergétique. Le véhicule, soutenu notamment par le FEI, Bpifrance, des family offices et entrepreneurs, se distingue par une stratégie centrée sur les solutions logicielles et hardware liées à l’IA et à l’énergie. Environ la moitié des montants sera consacrée au refinancement de start-up existantes. Serena a déjà réalisé quatre investissements, dont Formality, et vise des tickets pouvant atteindre 30 millions d’euros par société. Elle rejoint donc Clint Capital, C4 Ventures et surtout Cathay Innovation (1md$ levés).
  • Uber achète des Segments de Belgique • Uber Technologies vient d’acquérir la start-up belge Segments.ai, spécialisée dans le labeling de données multi-capteurs pour véhicules autonomes, pour renforcer son entité Uber AI Solutions, dédiée à la fourniture de services d’annotation de données.  Les fondateurs Otto Debals et Bert De Brabandere, ainsi que l’équipe de Segments.ai, vont intégrer Uber et contribuer à ses capacités en annotation Lidar et autres capteurs.  Les montants de la transaction n’ont pas été dévoilés.  Cette acquisition s’inscrit dans la stratégie d’Uber de vendre des services de labeling à des tiers, dans un marché des robotaxis qui commence à se structurer. Opportunément labelisées, les données de circulation qu’Uber a accumulées pourront permettre à d’autres constructeurs de véhicules autonomes de se confronter à Tesla.

Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_eb2a4ff3a1234e88b545d7bde6aaf7f6