- Point de bascule • OpenAI a rendu public en début de semaine qu’elle avait conclu avec Oracle un contrat historique : acheter pour 300 milliards USD de capacité de calcul sur cinq ans, à compter de 2027.
- Engouement • À la suite de l’annonce, l’action Oracle a crû de plus de 35 % % en une séance. Grâce à ce pic, Larry Ellison a vu sa fortune grimper de près de 100 milliards de dollars, pour frôler les 400 milliards, ce qui l’a fait dépasser brièvement Elon Musk comme l’homme le plus riche du monde. Les entreprises énergétiques susceptibles de fournir l’électricité nécessaire à ces futures infrastructures profitent aussi du vent en poupe.
- Explosion des coûts • Ce contrat gargantuesque entraîne des besoins massifs en électricité (plusieurs GW), en matériel et en eau, ce qui suppose des investissements lourds, sans compter que la dépendance à un énorme client comme OpenAI soulève des questions de concentration de risque. Pour sa part, OpenAI prévoit désormais de brûler 115 milliards de dollars d’ici 2029, soit 80 milliards de plus que prévu initialement, reflétant les investissements massifs dans les nouveaux modèles.
- EN FILIGRANE : Le pic de l’euphorie • Le bond des actions d’Oracle a été déclenché par une annonce commerciale informelle, omise des documents officiels, de bourse qui prévoit une augmentation phénoménale à long terme de la demande par des sociétés que seule une injection continue de capital rend solvable. Les principales start-up, OpenAI, Anthropic et xAI, qui ont levé plusieurs plus de 60 milliards de dollars cette année sur une valorisation combinée proche de 600 milliards, resteront longtemps déficitaires – tout comme, sans doute, les activités d’IA noyées dans les comptes de Big Tech. Or, les grandes entreprises technologiques américaines prévoient de dépenser près de 400 milliards de dollars en 2025 pour l’infrastructure nécessaire à l’intelligence artificielle ; au total, les investissements mondiaux dans les centres de données pourraient dépasser 3 000 milliards d’ici 2028. La bulle pourra durer encore quelques mois, peut-être un an ou deux, mais elle aura explosé avant.
- À SURVEILLER : Le dernier espoir de Trump •* La frénésie autour de l’IA aurait contribué à 40 % de la croissance du PIB américain sur l’année écoulée. En tout cas, elle seule protège encore Trump des conséquences de sa politique : aux États-Unis, la création d’emplois s’arrête et l’inflation repart, sous l’effet des tarifs douaniers. Or, la tech pèse plus du tiers de la capitalisation de la bourse américaine (34 % du S&P 500, par exemple). L’explosion de la bulle aura un effet destructeur sur une économie américaine affaiblie. *
Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_cf5837c9c7ee4a86b097e77c250a4c2c