Qant. Comment la finance, et particulièrement dans votre cas la dette privée, s’adapte-t-elle à la digitalisation de l’économie ?
Wissem Bourbia. Trois grandes vagues ont déferlé jusqu’à présent : l’informatique, Internet, le numérique ou digitalisation. L’intelligence artificielle sera sans doute la quatrième… Dans le grand public tout d’abord, on a vu qu’au fur et à mesure que le guichet était remplacé par le site ou l’app, la désintermédiation créait de nouveaux produits financiers, comme le BNPL : tous les sites aujourd’hui proposent le paiement fractionné. Le même phénomène s’étend au B-to-B. Les clients se fournissent désormais sur des plateformes, qui ont besoin de les fidéliser : rien de plus facile que de changer de fournisseur grâce à la digitalisation. Il faut donc être à même de proposer un crédit compétitif sur le lieu de vente, sur la marketplace elle-même. Ce que nous faisons, en partenariat avec des fintechs comme Aria ou Defacto, après les avoir soumises à des audits scrupuleux, sur leurs systèmes de scoring, de KYC, de sécurité et de résilience, mais aussi sur leur organisation interne, leurs processus de décision…
Qant. Quel produit offrez-vous à vos investisseurs ?
Wissem Bourbia. Nos fonds sont avant tout des produits de diversification, avec une granularité extrêmement fine. Nous avons en effet investi presque 300 millions d’euros dans des prêts d’une taille moyenne entre 15 000 et 30 000 euros, à court terme et avec un très bon rendement. Après la France, nous nous étendons maintenant à l’Espagne et au Benelux. Il s’agit donc d’une opportunité particulièrement intéressante pour les investisseurs.
Qant. C’est donc la technologie qui vous permet d’atteindre cette granularité…
Wissem Bourbia. En effet, elle permet d’abaisser considérablement le coût de traitement de chaque ligne et d’aller chercher des petites PME, voire des freelances. Sur des sites comme Malt ou Brigade, la plateforme rédige le contrat entre le fournisseur et le client, émet les factures et propose un crédit pour faciliter la gestion des délais de paiement.
Qant. Quel regard posez-vous sur l’intelligence artificielle ?
Wissem Bourbia. Nous sommes des utilisateurs naturels de l’IA ! Elle rajoute une couche d’intelligence à chacun des segments de la chaîne de valeur. Du scoring à la sécurité, tous les algorithmes s’améliorent. Bientôt, des agents d’IA pourront même émettre des recommandations sur la personnalisation des crédits. La généralisation de l’IA pourrait fortement améliorer le financement de l’économie.
Propos recueillis par Jean Rognetta
Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_6ec9532bfe7e4ded95cf67dfb26b140a