• CE QU’IL FAUT SAVOIR : un premier record • Le 1er juin 2026, Alphabet a lancé une augmentation de capital de 80 milliards de dollars, élargie à 84,75 Md$ – la plus importante levée en fonds propres de l’histoire, qui éclipse le refinancement de Petrobras (70 Md$ en 2010) et l’IPO du saoudien Aramco (29,4 Md$ en 2019). L’opération, qui mêle actions ordinaires, actions de préférence convertibles et placement de marché, comprend un placement privé de 10 Md$ souscrit par Berkshire Hathaway.
• EN FILIGRANE : la course à l’inférence • Le produit des actions contribuera à financer les investissements d’infrastructure IA de Google Cloud : 180 à 190 Md$ pour la seule année 2026. Alphabet n’est pas seul : Amazon investit environ 200 Md$, Microsoft ~190 Md$, Meta de 125 à 145 Md$… Qu’un acteur aussi rentable que Google doive émettre des actions – et qu’un investisseur patient comme Berkshire entre au tour de table – dit l’ampleur de l’effort.
• À SURVEILLER : le pied de nez et la prudence • Une large part des quelque 3 000 Md$ d’investissement en centres de données prévus entre 2025 et 2028 repose sur la dette (environ 800 Md$ de crédit privé selon Morgan Stanley, contre ~350 Md$ de fonds souverains, fonds d’investissement, prêts bancaires et crédit public). Or, la durée d’amortissement d’une puce GPU n’excède guère deux ans, contre sept à quinze ans de duration pour la dette qui le finance. Si le crédit se resserre et les taux montent, l’écosystème peut se gripper vite. La levée de Google, qui améliore son ratio d’endettement, est donc un signe de prudence autant qu’un pied de nez à Elon Musk, qui tente la semaine prochaine une levée comparable, sur une valorisation trois fois moindre, mais largement excessive.
Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_dd5353529e6b4b7a9a3b0ebebd0469f7