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Veille tech & IA — analyses Qant Recherche

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Quousque tandem, Muskus, abuteris patientia nostra : jusqu’où et jusqu’à quand les marchés financeront-ils l’IA ?

*Le capital se trouvera. Mais l’IA ne gagnera pas assez vite assez d’argent pour rémunérer ce qu’on y engloutit. *

CE QU’IL FAUT SAVOIR : un mur d’investissement • D’ici 2028, les centres de données réclameront près de 3 000 Md$, que les seuls bénéfices et la trésorerie des hyperscalers ne pourront couvrir que pour moitié. Du solde, environ 800 Md$ devraient venir du crédit privé selon Morgan Stanley, un marché sous tension.

EN FILIGRANE : l’écart de revenus • Pour rentabiliser ces dépenses, l’industrie de l’IA devrait dégager quelque 2 000 Md$ de recettes annuelles en 2030 ; Bain estime que 800 Md$ – 40 % de la somme – manqueront à l’appel. OpenAI s’est engagée sur 1 400 Md$ de dépenses pour environ 13 Md$ de recettes. La dépense court bien plus vite que le revenu. Si le rendement de l’IA est mis en doute, la secousse passera par les effets de richesse, la consommation et, à terme, une réévaluation de l’exception américaine.

LE SOUPÇON COMPTABLE • Une partie de la rentabilité affichée par les grands opérateurs du cloud tiendrait à une convention comptable. L’investisseur Michael Burry, devenu célèbre pour avoir parié contre la bulle immobilière américaine avant la crise de 2008, remarque que les hyperscalers amortissent leurs puces sur cinq à six ans, alors que leur vie utile n’excède guère deux ans : la sous-dépréciation atteindrait 176 Md$ entre 2026 et 2028, gonflant les bénéfices cumulés d’environ 20 %. Or plus de 800 Md$ d’accords croisés lient Nvidia, OpenAI et Oracle ; une hausse du coût du crédit ou une mauvaise nouvelle peut la dénouer par contagion.

À SURVEILLER : le dénouement • Selon l’économiste Jason Furman, l’investissement en IA a représenté près de 92 % de la croissance du PIB américain au premier semestre 2025. Une poignée de valeurs liées à l’IA pèse 40 % du S&P 500, la part des profits dans le PIB touche un record de 13,8 %, mais l’emploi ne progresse que de 0,43 % sur un an et la consommation tient surtout aux ménages aisés, exposés aux actions. « Quand la marée baisse, on voit ceux qui n’ont pas de maillot », selon le vieil adage attribué à Warren Buffett.

Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_dd5353529e6b4b7a9a3b0ebebd0469f7