Selon le Generative AI and News Report 2025 du Reuters Institute, l’usage de l’IA générative progresse nettement : la part de personnes ayant déjà utilisé au moins un outil passe de 40 % à 61 % en un an, et l’usage hebdomadaire double de 18 % à 34 %. ChatGPT demeure la référence, avec 22 % d’utilisateurs hebdomadaires en moyenne. L’« information » devient la première motivation d’usage (24 % par semaine), mais l’usage pour suivre l’actualité reste minoritaire (6 %). L’étude porte sur l’Argentine, le Danemark, la France, le Japon, le Royaume‑Uni et les États‑Unis, avec des échantillons d’environ 2 000 personnes par pays, recrutés et pondérés par YouGov en juin‑juillet 2025.
Source : Reuters Institute
Dans la rédaction, préfère l’humain
Sur la production de contenus, un fossé apparaît. Seules 12 % des personnes interrogées se disent à l’aise avec une information produite entièrement par IA. La proportion monte à 21 % si un contrôle humain intervient, et elle atteint 43 % lorsque l’humain dirige avec un appui IA, et 62 % pour une production intégralement humaine, en hausse de 4 points en un an. Le fossé existe dans tous les pays, mais il est un peu moindre au Japon et en Argentine.
Source : Reuters Institute
L’acceptation varie selon les tâches. Les répondants tolèrent davantage les usages « invisibles » : correction orthographique et grammaticale (55 %) ou traduction (53 %). L’adhésion diminue pour la réécriture d’un article selon les lecteurs (30 %), la création d’images réalistes faute de photo (26 %) et l’utilisation de présentateurs artificiels (19 %). Dans le même temps, la perception de la fréquence d’usage par les journalistes progresse d’au moins 3 points sur la plupart des tâches, avec 51 % qui pensent que l’IA sert souvent à corriger la grammaire.
Confiance fragilisée
Interrogés sur l’effet de l’IA sur la qualité des nouvelles, les répondants anticipent des gains d’efficacité et de réactivité : davantage d’articles « moins coûteux à produire » (+39 points nets) et « plus à jour » (+22). En parallèle, la transparence recule (−8) et la confiance baisse (−19). Ces jugements se renforcent par rapport à 2024, sans signe de détente. Seuls 33 % estiment que des contrôles humains « souvent » ou « toujours » valident les sorties IA avant publication, chiffre plus élevé au Japon (42 %) et en Argentine (44 %), plus faible au Royaume‑Uni (25 %). La croyance dans ces contrôles varie fortement selon la confiance générale dans l’information.
Source : Reuters Institute
Malgré la montée des usages, les fonctionnalités IA exposées aux lecteurs restent peu fréquentes. 60 % des répondants déclarent ne pas voir régulièrement d’options IA sur les sites et applications d’actualité. Les éléments les plus courants sont les résumés en tête d’article (19 %) et les assistants de questions‑réponses (16 %), devant les versions audio (14 %) et vidéo (11 %). Les taux sont plus élevés aux États‑Unis, au Japon et en Argentine.
L’étiquetage progresse moins vite que l’usage. Seuls 19 % disent voir chaque jour des mentions signalant une participation de l’IA à la fabrication d’un sujet, 28 % au moins une fois par semaine, alors que 77 % déclarent consommer l’actualité quotidiennement. Le contraste est fort selon les marchés : environ un tiers des répondants au Japon et en Argentine voient des labels au quotidien, contre 6 % au Royaume‑Uni. À l’inverse, la suspicion d’articles non étiquetés reste minoritaire (15 % disent y être confrontés souvent ou toujours), mais grimpe à 30 % en Argentine et à 17 % aux États‑Unis.
Source : Reuters Institute
Usage pour l’actualité : encore minoritaire mais en hausse
L’IA sert davantage à creuser l’actualité qu’à suivre les « breaking news ». L’usage pour s’informer double toutefois en un an, de 3 % à 6 %, avec des pointes en Argentine (11 %) et aux États‑Unis (9 %). Parmi ceux qui utilisent l’IA pour l’actualité, la demande se concentre sur la mise à jour : 54 % posent la question des « dernières nouvelles ». Viennent ensuite la synthèse d’articles (40 %), l’évaluation de sources (37 %) et l’aide à la compréhension d’un sujet (35 %). Les plus jeunes se servent davantage de l’IA comme facilitateur de lecture : 48 % des 18‑24 ans demandent une simplification, contre 27 % chez les 55+.
La confiance se concentre dans quelques marques. 29 % des répondants disent faire confiance à ChatGPT, devant Gemini (18 %), Copilot (12 %) et Meta AI (12 %). Le « solde de confiance » reste positif pour ChatGPT, Gemini et Copilot, négatif pour Meta AI et DeepSeek. Dans tous les pays sauf l’Argentine, la confiance dans l’IA demeure inférieure à la confiance générale dans les médias.
Source : Reuters Institute
Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_6c972b8b68024ed992c109ce0f65c7ff