- Le fait nouveau. Le 23 octobre, Airbus, Thales et Leonardo ont signé un protocole d’accord (MoU) pour fusionner leurs activités de satellites, systèmes et services (hors lanceurs). Ils s’attendent à des synergies de plusieurs centaines de millions d’euros d’ici cinq ans. L’accord, sous le nom de code « Bromo », deviendra opérationnel en 2027 s’il reçoit l’accord des autorités de concurrence. La nouvelle entité comptera, pro forma, environ 25 000 salariés pour 6,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
- L’enjeu : L’américaine SpaceX a rebattu la demande, comprimé les coûts et accéléré les cadences. Bromo veut devenir une plateforme « new space » à l’européenne avec des satellites définis par logiciel (les SDS : OneSat d’Airbus et Space Inspire de Thales) pour reconfigurer en orbite couvertures, fréquences et capacité ; des chaînes 5G- NTN (Non-terrestrial network) et D2D (direct-to-device) testées avec Eutelsat OneWeb et MediaTek, ainsi que des liaisons optiques et charges laser haut débit pour sécuriser les flux et les rendre résilients.
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Le point de bascule : Le passage du « fait main géostationnaire » à la production en série de satellites pour les basses et moyennes orbites (LEO/MEO) exige des usines numériques et des chaînes modulaires. Thales Alenia Space ouvre fin 2025 une méga-usine (≈100 sats/an) en Italie : un jalon industriel clé pour tenir l’échelle des constellations. Les synergies attendues viendront de la mise en commun de la R&D (plateformes communes SDS, composants de communication RF/optiques), des achats groupés (électronique, opto-comms) et de l’élimination des doublons d’ingénierie/IT outillage.
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Oui, mais : Passer à la fabrication automatisée et aux SDS suppose d’énormes investissements en robotique, en microélectronique et en infrastructures d’essai. Les liaisons laser inter-satellites, la reprogrammation in-orbit et l’orchestration par IA des ressources radio deviennent le différenciateur, du débit térabit/s chiffré aux reroutages résilients face aux pannes/fibres coupées. Or, la compatibilité avec Iris², le programme souverain de connectivité multi-orbites sécurisée de l’Union européenne, sera compliquée par le fait que son calendrier prévoit des premiers services d’ici 2027 – la même échéance que la nouvelle coentreprise.
- EN FILIGRANE : Notamment en collaboration avec Airbus et Mediatek, Eutelsat tente déjà d’offrir l’« anti-Starlink » made in Europe. La constellation OneWeb dispose déjà de 650 satellites en orbite basse. La Gen-2 devrait en ajouter 340. OneWeb s’aligne pleinement sur Iris².
- À SURVEILLER : Pièges politiques. L’intégration de rivaux historiques (Airbus ↔ Thales Alenia Space), les équilibres nationaux et les règles ESA (retours géographiques) compliqueront la rationalisation. Le feu vert des autorités de concurrence n’est pas gagné d’avance : le troisième grand intégrateur européen, l’allemand OHB, demandera sans doute à Bruxelles des garde-fous sur la répartition des contrats et la gouvernance des sites. En outre, Arianespace n’entre pas dans le périmètre ; des « réflexions » sont évoquées pour « plus tard ».
Belgique • Stark
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Plaque à drones • Le ministre belge de l’Intérieur Bernard Quintin propose de rendre obligatoire l’enregistrement de tous les drones afin de mieux détecter les incursions étrangères dans l’espace européen. Il mentionne que quelque 31 000 drones ont été repérés près de l’aéroport de Bruxelles l’an dernier, sans qu’il soit possible de distinguer ceux appartenant à des civils de ceux potentiellement suspects. Le système envisagé ressemble à un tracker pour avions : les drones enregistrés seraient identifiés en temps réel, et les vols non enregistrés feraient l’objet d’un signalement à un service de police. Tout en plaidant pour une base de données et une normalisation européennes communes, Quintin indique que la Belgique démarrera d’abord un dispositif national, en attendant une solution supranationale.
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Nouvelle guerre, nouvelles règles • Les modèles traditionnels de passation de marchés d’armement – conception longue, grandes séries fixes – ne sont plus adaptés à un contexte où, comme le montrent les combat en Ukraine, le logiciel pourrait être mis à jour « chaque semaine ». Le nouveau PDG du fabricant allemand de drones d’attaque Stark, Uwe Horstmann, juge que de nouveaux types de contrats doivent permettre de commander rapidement de grandes quantités de drones, plutôt que de constituer un simple stock d’armes qui deviennent rapidement obsolètes. Stark, qui est valorisée à 500 millions de dollars après un tour de table de 62 millions en août, est soutenue par des investisseurs comme Peter Thiel et Sequoia Capital.
Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_6c972b8b68024ed992c109ce0f65c7ff