La présentation de Made in Youtube, le 18 septembre
- Inventaire artificiel • La première plateforme américaine de distribution vidéo, Youtube, – devant Netflix depuis cet été – va intégrer le modèle de génération vidéo Veo 3 Fast dans Shorts, permettant la génération de courts-métrages verticaux (clips 480p avec son, ajout de mouvement, styles et objets), avec un montage assisté par IA (musique, transitions, voix-off) et une fonction de création de chansons via Lyria 2. Cette intégration illustre l’avantage stratégique de YouTube : l’IA y constitue une innovation de soutien, augmentant mécaniquement le volume de contenus attractifs, et donc l’inventaire publicitaire, tout en transformant chaque vidéo en surface publicitaire monétisable. À terme, elle devrait en outre permettre de réduire les coûts de production pour les réalisateurs, que ni TikTok ni Meta ne rémunèrent, alors que Youtube déclare leur avoir reversé plus de 100 milliards de dollars ces quatre dernières années.
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Vibestories • En réponse, Meta a présenté, jeudi, « Vibes », un flux vidéo généré par intelligence artificielle disponible aux États-Unis via l’application Meta AI et le site meta.ai. L’outil permet de créer, remixer et partager des clips courts à partir de contenus existants ou de zéro, avec ajout de visuels et de musiques, avant publication dans Vibes ou partage sur Instagram et Facebook. La première version repose sur des partenariats avec Midjourney et Black Forest Labs, en attendant l’intégration de modèles propriétaires de Meta. Ce lancement s’inscrit dans la stratégie IA du groupe, réorganisée autour de la génération de contenus et de nouveaux formats publicitaires : en tout point comme celle de Youtube. Plus que jamais, on peut comprendre Facebook et Instagram comme des plateformes de distribution vidéo, plutôt que des réseaux sociaux. Dans un remarquable aveu de faiblesse, si les indiscrétions sont vraies, Meta aurait également entamé des pourparlers avec Google pour exploiter les modèles Gemini dans le but d’optimiser son ciblage publicitaire.
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Bytedance se distrait • TikTok n’en est pas là. Mais ByteDance vient de lancer Seedream 4.0, un modèle de génération et d’édition d’images développé par sa division Seed, présenté comme supérieur à Gemini Nano Banana de Google DeepMind, sur ses propres benchmarks internes. En vidéo, l’entreprise propose déjà Jimeng AI, capable de créer des clips à partir de descriptions textuelles, disponible en Chine mais sans intégration globale dans TikTok. Parallèlement, ByteDance a renforcé ses partenariats, notamment avec Mercedes-Benz via Doubao pour des applications d’IA embarquée.
- EN FILIGRANE : haro sur les Chinois. Le 11 septembre dernier, une commission d’enquête de l’Assemblée nationale a publié un rapport sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs. Le document souligne que l’algorithme de la plateforme soumet les jeunes à un flux continu de contenus pouvant nuire au sommeil, à l’estime de soi et à la santé mentale, tout en accentuant l’exposition à des comportements à risque. Les députés recommandent un encadrement réglementaire de l’algorithme, davantage de transparence, un renforcement des outils de contrôle parental et une coopération accrue entre pouvoirs publics et plateformes. Le rapport oppose les anciens modèles de réseaux (Facebook, Instagram, YouTube), qui se basaient sur les abonnements et le graphe social à TikTok, qui utilise un modèle algorithmique pour la recommandation. Il est important, pour légiférer, de garder les yeux dans le rétroviseur.
- À SURVEILLER : Un accord bien unilatéral. Donald Trump vient de signer un décret validant la cession des activités américaines de TikTok à un consortium mené par Oracle, Dell Technologies, Rupert Murdoch et Silver Lake, réduisant la participation de ByteDance à moins de 20 % et plaçant la gouvernance entre les mains d’un conseil majoritairement nommé aux États-Unis. Cette opération répondrait aux exigences de la loi qu’il n’applique pas depuis son arrivée au pouvoir, qui impose une séparation d’avec le contrôle chinois sous peine d’une interdiction de l’application. Petit hic : Pékin n’a pas réagi publiquement, tandis que ByteDance est resté absent de la cérémonie, laissant en suspens l’approbation finale de l’accord et le sort des algorithmes propriétaires. Donald Trump n’a pas fini de danser au son de la cithare Gu Zheng.
Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_0316608a96de4d838b460888bcfe1699