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Euro numérique • Draghi • Humanoid • Ukraine

  • Premier feu vert pour l’euro numérique • Les ministres des Finances de l’UE, réunis à Copenhague avec Christine Lagarde et Valdis Dombrovskis, viennent de s’accorder sur la feuille de route du futur euro numérique, destiné à réduire la dépendance aux systèmes de paiement américains Visa et Mastercard et à contrer la montée des stablecoins adossés au dollar. Les débats portent encore sur le plafond individuel de détention. La BCE a proposé 3 000 euros pour éviter que les dépôts ne quittent massivement les banques lors de crises, ce qui créerait un risque de « bank run » numérique. Les gouvernements et le Parlement veulent garder la main sur ce mécanisme, jugé central pour la stabilité financière. Le Danemark, qui assure la présidence tournante du Conseil, espère conclure un accord politique d’ici fin 2025, pour ouvrir ensuite les négociations avec les eurodéputés.
  • Mur de drones • Le commissaire européen à la Défense Andrius Kubilius vient de convoquer une visioconférence avec les ministres de la Défense d’Europe de l’Est et un représentant ukrainien, pour définir un projet de « mur de drones » le long de la frontière orientale de l’UE, relancé après plusieurs incursions de drones russes en Pologne. Inspiré de l’expérience ukrainienne, le dispositif combinerait capteurs, radars acoustiques, drones intercepteurs, brouillage et équipes mobiles. Kiev partagera ses savoir-faire et formera des militaires polonais. L’idée avait été avancée en 2023 par la Lituanie, puis soutenue par les États baltes et la Pologne. Le projet vise à réduire le coût disproportionné d’interceptions avec missiles ou avions de chasse en privilégiant des solutions modulables. Il renforcerait la coopération militaire et industrielle entre l’UE et l’Ukraine, appelée à devenir un précieux partenaire dans les nouvelles technologies militaires. Mais le calendrier reste incertain : l’installation du mur semble possible en un an, mais des divergences de capacités et de financement pourraient allonger les délais. Les discussions porteront sur la mise en place opérationnelle et la répartition budgétaire afin d’éviter les lenteurs devenues typiques des programmes européens.
  • Relation particulière • Le Royaume-Uni et les États-Unis viennent de conclure un « Tech Prosperity Deal » prévoyant 150 milliards (205 Md$) de livres d’investissements américains en Grande-Bretagne. L’accord couvre l’IA, l’informatique quantique et l’énergie nucléaire civil et il rapproche le Royaume-Uni de la sphère réglementaire américaine. Nick Clegg, ancien vice-Premier ministre et ex-dirigeant de Meta, le critique en soulignant qu’il augmente la dépendance du Royaume-Uni envers la technologie américaine, risquant de “désarmer” le pays. Microsoft investit 22 milliards de livres pour un superordinateur d’IA à Loughton et l’expansion de son cloud, Google 5 milliards et CoreWeave 1,5 milliard dans des data centers. Nvidia engage parallèlement 2 milliards de livres pour soutenir l’écosystème britannique de startups IA, en partenariat avec Accel, Air Street Capital, Balderton, Hoxton Ventures et Phoenix Court, afin de développer de nouvelles entreprises et infrastructures.
  • Robot et chapeau melon • La startup britannique Humanoid vient de présenter son premier robot humanoïde destiné à l’industrie, baptisé HMND 01 Alpha. Haut de 2,20 m et équipé de roues, il peut transporter des charges supérieures à 15 kg et atteindre 7,2 km/h. Le robot sera testé dans divers sites industriels afin d’affiner ses fonctions avant une version Beta attendue au troisième trimestre 2026. Humanoid adopte un modèle « robots-as-a-service » et s’appuie sur 50 millions de dollars de capital fondateur, avec une équipe issue notamment d’Apple, Tesla, Google, Boston Dynamics et Nvidia.
  • Zéro pointé • Le Draghi Tracker, un outil de suivi lancé un an après le rapport de Mario Draghi sur la compétitivité européenne, indique que sur 20 recommandations majeures adressées aux institutions et États membres de l’UE, aucune n’a été pleinement appliquée. Douze mesures n’ont connu aucune avancée, huit n’ont été que partiellement amorcées, et le taux global de mise en œuvre reste donc de 0 %. Les recommandations concernent notamment l’union des marchés de capitaux, la politique industrielle, l’énergie, la défense, la fiscalité et la gouvernance européenne.

Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_8b47cd5a6a8240c6919ddc0ed39c1bfb