Disons-le tout net : il n’y pas d’accord sur TikTok. Trump, qui a violé la constitution des États-Unis le jour de sa prise de fonctions, en refusant d’appliquer la loi d’interdiction du réseau social, ne fait que se donner un délai supplémentaire, cette fois jusqu’à la mi-décembre.
Seul avantage : en annonçant les modalités de reprise par certains de ses alliés dans la Silicon Valley, il détourne les regards de la reculade qu’il prépare sur les tarifs douaniers, après avoir levé les restrictions d’exportation des puces d’IA. Mais il acte que la future TikTok américaine paiera Bytedance pour pouvoir utiliser son algorithme, permettant à la Chine de continuer à manipuler l’opinion, sans que le prix et les modalités ne soient fixés.
La Chine a toutes les cartes en mains, et elle les garde. On a beaucoup parlé de son emprise sur les terres rares, à juste titre, mais sa menace d’un blocus sur Taïwan – et donc 90 % de la production de puces avancées – est tout aussi efficace. Il faudra des années avant que Nvidia, transformée en instrument de la politique industrielle de Washington, ne puisse remodeler Intel en fonderie comparable à TSMC.
Quant à l’Europe, comment dire… Soyons justes : on observe quelques frémissements. Un mur de drones-ci, une alliance ASML-Mistral-Helsing là.
Et même une usine d’aimants en Estonie.
À la demande de certains d’entre vous, Qant vous est désormais routée tous les samedis matin, avec des dossiers d’approfondissement de plus en plus fournis. Les illustrations de ce numéro sont inspirées de l’œuvre d’Edvard Munch.
Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_8b47cd5a6a8240c6919ddc0ed39c1bfb