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Brigitte Macron à l’assaut de la trumposphère

La semaine dernière, le couple présidentiel français a porté plainte contre une podcasteuse conservatrice américaine qui reprenait les éléments de propagande russe sur le sexe de la Première dame. Pas de quoi ralentir la machine de la propagande.

Brigitte Macron à l’assaut de la trumposphère
  • Procès trans-atlantique • À titre personnel, Brigitte et Emmanuel Macron ont déposé, le 23 juillet dernier, une plainte en diffamation devant la Cour supérieure du Delaware contre Candace Owens, une podcasteuse conservatrice qui avait affirmé, dans un épisode intitulé Becoming Brigitte, que la Première dame française serait née du sexe masculin, qu’elle aurait usurpé une autre identité et que son mariage serait incestueux.
  • Chirurgien bidon • Depuis début juillet, une vidéo générée par IA affirme qu’un dénommé « François Faivre », chirurgien imaginaire de l’Hôpital Américain à Paris, serait mort après avoir promis des révélations sur la prétendue chirurgie de Brigitte Macron. Outre Candace Owens, la fausse information a été reprise – puis enlevée – par le site One America Network (OAN), connu pour son trumpisme sourcilleux, et par de nombreux comptes sur les réseaux sociaux.

Même Grok dénonce la propagande complotiste • Source : X-Twitter

  • Bots russes : Selon l’agence NewsGuard, le contenu provient très probablement du réseau d’influence russe Storm‑1516, une organisation russe proche du Kremlin, qui utilise de l’IA pour fabriquer des deepfakes, déjà connue pour cibler l’Europe et la France entre décembre 2024 et mars 2025 avec 38 877 publications générant 55,8 millions de vues .
  • C’est Manu qui paie (pas Nicolas) • Très rapidement, certains relais sociaux, comme Carène Tardy sur X, ont affirmé que le procès coûterait de l’argent aux contribuables français. NewsGuard rapporte qu’un porte-parole a pourtant indiqué que l’action a été engagée par le couple présidentiel en leur nom propre et sur leurs deniers.
  • À SURVEILLER : Panache. En droit américain, le recours du couple Macron a peu de chances d’aboutir. Depuis la jurisprudence « New York Times v. Sullivan » (1964), une personnalité publique qui se prétend calomniée doit démontrer que les propos litigieux ont été tenus avec « malveillance réelle » (« actual malice »), c’est-à-dire que l’auteur connaissait leur fausseté ou qu’il a fait preuve d’une insouciance délibérée quant à leur véracité. Cette règle place la barre très haut pour espérer une condamnation d’un média ou d’un influenceur, même s’il propage des rumeurs à caractère manifestement faux. Mais même sans obtenir de condamnation, l’action du couple Macron attire l’attention du public sur les dérives de la désinformation et sur les lacunes du droit face aux deepfakes et campagnes hostiles orchestrées par des puissances étrangères ou des mouvements politiques radicaux. Un acte politique et symbolique qui aurait mérité des fonds publics.

Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_5ae8e6f637fb4825bec1eaafea3ab137