Aller au contenu

Veille tech & IA — analyses Qant Recherche

Article

Un plan trumpien pour dominer la course à L’IA

L’AI Action Plan présenté cette semaine par la Maison-Blanche veut conforter le leadership des États-Unis dans l’IA mondiale. Il passe le copyright sous silence, prétend réorienter les modèles et veut en relancer les exportations. Iout en prêchant la déréglementation, il prône un soutien public renforcé à l’infrastructure.

Un plan trumpien pour dominer la course à L’IA
  • L’AI Action Plan compte 90 mesures, réparties en trois piliers : l’accélération de l’innovation, la construction d’une infrastructure nationale dédiée et la diplomatie internationale pour exporter les normes et technologies américaines.

L’IA en plan américain

  • Le plan recommande une déréglementation massive pour stimuler l’innovation privée, notamment via l’abrogation des ordres exécutifs de Joe Biden sur la régulation de l’IA, le retrait de références à la désinformation et au climat dans les standards fédéraux, et la création d’un standard fédéral unique pour remplacer les régulations étatiques jugées contraignantes.
  • L’administration veut faciliter l’exportation du « stack » complet de l’IA américaine (puces, logiciels, modèles, normes) à ses alliés, tout en consolidant les contrôles à l’exportation pour empêcher la Chine d’accéder aux technologies sensibles. Il met l’accent sur la géolocalisation des puces exportées et la sécurisation des chaînes logistiques mondiales.
  • De nombreuses mesures sont prévues pour soutenir l’adoption de l’IA dans les secteurs clés (défense, santé, énergie, agriculture), sous la surveillance du Pentagone, ainsi que pour promouvoir les modèles open-source, renforcer la formation professionnelle et développer un marché du calcul intensif (inspiré de ceux des matières premières), dans le but affiché d’élargir l’accès aux ressources de calcul aux PME et au monde académique.
  • Les auteurs par dessus bord. « Nous devons nous assurer que la liberté d’expression prospère à l’ère de l’IA et que l’intelligence artificielle acquise par le gouvernement fédéral reflète objectivement la vérité plutôt que des programmes d’ingénierie sociale », peut-on lire dans le plan, mais pas un mot sur le copyright., mais Donald Trump a ensuite été très explicite : « On ne peut pas s’attendre à mettre en place un programme d’IA performant si l’on doit payer chaque article, livre ou toute autre source étudiée : c’est tout simplement impossible » a-t-il déclaré mercredi. Les ayants droits apprécieront.
  • EN FILIGRANE : No woke, no green… et une surprise. Trois ordres exécutifs déjà signés traduisent le plan en actions concrètes : exigence d’une IA « neutre et sans biais idéologique » pour les marchés publics, moindres contraintes environnementales pour les centres de données et assouplissement des restrictions sur l’export des technologies vers les pays partenaires stratégiques.

Deux grands gagnants se dégagent : David Sacks, le “tsar” de l’IA et des cryptos à la Maison-Blanche, qui a fait prévaloir l’idée que les exportations de puces et de modèles d’IA confortent la puissance américaine et le fondateur de Nvidia Jensen Huang, qui a obtenu dès la semaine dernière un renversement de la position officielle, autorisant de nouveau l’exportation des puces H-20 en Chine. Trump est d’ailleurs venu présenter l’AI Action Plan à un colloque organisé par le podcast All-In créé par David Sacks. Après le départ d’Elon Musk, le conseiller est devenu la principale porte d’entrée de la tech à la Maison-Blanche.

Étiquettes

Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_121ca12a2edb4e68a8652ca23f937c41