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Apple, Mistral, Google et les autres

• Du côté de la Maison-Blanche, Donald Trump assiste aujourd’hui à l’émission (« unlock ») de 50 millions de jetons $Trump, qui pourraient lui rapporter, au cours d’hier soir, quelque 500 millions de dollars. Justin Sun, créateur de la blockchain Tron, s’est engagé à investir 100 millions de dollars supplémentaires en $Trump. Les divers procès et enquêtes, auxquels celui-ci faisait face, ont été suspendus.

Apple, Mistral, Google et les autres
  • Le bon Génie des cryptos sort de sa lampe • Alors que le bitcoin a atteint cette semaine son plus haut niveau – 122 000 dollars, soit la moitié du cours que Standard Chartered prévoit pour la fin de l’année –, la chambre des représentants américaine fait de son mieux pour attiser le feu. Elle a voté cette nuit le projet de loi sur les stablecoins, le Genius Act, qui n’attend désormais plus que la signature de Donald Trump. La loi instituera un cadre réglementaire fédéral, imposant un adossement intégral des stablecoins en dollars ou actifs liquides équivalents, des audits annuels pour les émetteurs dépassant 50 milliards de capitalisation, des règles précises pour les émetteurs étrangers, ainsi que des obligations de licence et de transparence sur les réserves. Décriée par les ultras des stablecoins algorithmiques et les ayatollahs de la lutte contre la monnaie numérique, elle permettra l’intégration des stablecoins à la finance américaine. Cela fera exploser leur circulation, la portant de 250 milliards de dollars environ à plusieurs milliers de milliards, selon les estimations. Le Clarity Act, qui devrait être voté aujourd’hui ou lundi, établira pour sa part un cadre réglementaire complet pour les actifs numériques aux États-Unis : la loi définira les compétences respectives des autorités de surveillance, la SEC et de la CFTC ; elle précisera le statut des actifs numériques, en créant des catégories intermédiaires comme les « investment contract assets » ; et elle imposera l’enregistrement des plateformes, courtiers et négociants.

500 millions de dollars pour Trump, et deux lois

  • Les vessies françaises et la lanterne d’Apple. Le microcosme hexagonal s’est agité, cette semaine, sur d’hypothétiques négociations entre Apple et Mistral. Faussement attribuée à Bloomberg, la rumeur conforte surtout la valorisation de 10 milliards de dollars sur laquelle Mistral serait en train de lever 1 milliard de dollars. En réalité, Apple a de nombreuses options pour résoudre son problème d’intelligence artificielle : racheter Mistral, mais aussi Cohere et même Anthropic, ou décoincer les négociations qui s’éternisent avec OpenAI. Celles-ci butent sur une différence d’approche radicale.

• Apple est accoutumée à valoriser l’accès à ses appareils et à être rémunérée pour y installer des logiciels : Google, par exemple, payait quelque 20 milliards de dollars par an pour être le moteur de recherche par défaut du navigateur Safari. Au lieu de quoi, OpenAI et Anthropic s’attendent à ce qu’Apple rétribue l’utilisation de leurs modèles, et grassement. Cela ne peut que pousser Apple vers une acquisition, qui rétablirait sa valeur intrinsèque.

Apple se cherche une IA et Mistral consolide sa valorisation

  • Cloudflare claque le Web au nez des bots d’IA • Cloudflare vient de modifier par défaut les paramètres de son service pour bloquer automatiquement les robots d’entreprises d’intelligence artificielle cherchant à extraire des contenus web, sauf autorisation explicite du propriétaire du site. Cette mesure, active sur des dizaines de millions de sites clients, vise à protéger la création de contenu numérique et à instaurer une logique de paiement pour l’accès automatisé aux données. Une fonction expérimentale baptisée « pay per crawl » permet désormais aux robots IA de s’authentifier et de payer pour accéder au contenu, via un code HTTP 402 sur lequel Coinbase a développé le protocole de micropaiement par stablecoin x402.

• Google est partiellement exclu de ce blocage grâce au Googlebot, utilisé à la fois pour le référencement et certains usages d’IA pour la recherche générative.

Cloudflare rend payant le scraping des bots d’IA

  • Billard à trois bandes dans le vibecoding • Google a fait déraper l’acquisition par OpenAI de Windsurf, l’une des principales IA pour générer du code : le groupe recrute le CEO, Varun Mohan, ainsi qu’une partie de son équipe. Au lieu des 3 milliards de dollars qu’OpenAI aurait payés, Google achète pour 2,4 milliards une licence non exclusive, sans prise de participation – une manière de contourner les normes anticoncentration, connue sous le nom d’« acquihire » depuis les opérations de Microsoft sur Inception AI et de Google sur Character AI. Cette fois cependant, Cognition AI, qui développe l’agent de codage Devin, a ensuite acquis ce qu’il restait de Windsurf – propriété intellectuelle, marque, employés restants, base clients (350 entreprises), 82 millions de dollars de revenus annuels récurrents.

• L’acquisition de Windsurf avait fait l’objet d’une forte opposition de Microsoft, qui a investi 13,75 milliards de dollars dans OpenAI et détient, par ailleurs, le leader des IA de développement, Github Copilot. Le groupe avait déjà montré son influence en favorisant le rétablissement de Sam Altman, démis par le conseil d’administration d’OpenAI en 2023.

Google chipe Windsurf sous le nez d’OpenAI et Cognition ramasse les restes

  • Jumeau numérique. La start-up allemande Q.ant vient de lever 62 millions d’euros en série A, afin d’accélérer la production de ses processeurs photoniques à haut rendement énergétique, qui ciblent notamment les applications en IA et en calcul haute performance (HPC).

• Qant ne peut que féliciter Q.Ant !

Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_01d636ab989f4b2daa140a7c0902663f