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2025 a rendez-vous avec Elon Musk

Même à Washington, la roche tarpéienne est proche du capitole.

Elon Musk vu par Midjourney • Qant, M. de R. avec Midjourney

Le pouvoir peut avoir ses bienfaits. Dans les 24 heures de l’élection de Donald Trump, la fortune d’Elon Musk a augmenté de 26,5 milliards de dollars, d’après le Bloomberg Billionaires Index – un retour de presque 100 fois le montant que Musk a contribué à la campagne républicaine. 

Cash-out

Sa fortune n’a cessé d’augmenter depuis, s’approchant des 500 milliards de dollars, dont 150 milliards après l’élection. La principale composante est bien sûr Tesla, suivie de SpaceX et xAI. La capitalisation de la première, qui frôle les 1 300 milliards de dollars, semble immunisée contre les déboires des véhicules électriques. Il ne nuit pas que Tesla soit parmi les premiers détenteurs américains de bitcoins mais, surtout, les investisseurs croient à l’exploitation des données des conducteurs par l’IA de Musk, censée permettre au constructeur d’arriver à la conduite pleinement autonome, malgré ses déboires jusqu’à présent. 

La start-up d’IA xAI a levé fin décembre 6 milliards de dollars lors d’un tour de table de série C, portant sa valorisation à 45 milliards de dollars. Ici encore, le retard de son modèle Grok 2 ne gêne pas la start-up, soutenue par des investisseurs comme Andreessen Horowitz – autre converti à la cause trumpienne –, BlackRock et la saoudienne Kingdom Holdings. Cette levée vise à accélérer le développement de ses modèles IA et infrastructures, tout en consolidant son intégration avec les autres entreprises de Musk, notamment Tesla et SpaceX – qui elle a conclu un tour de table, toujours en fin d’année, sur la base d’une valeur de 350 milliards de dollars. 

Le triste sort du roi Midas

Cette capacité d’Elon Musk à transformer tout ce qu’il touche en or – ou en bitcoin – dépend principalement de deux facteurs : sa supériorité en matière d’intelligence artificielle et la bienveillance du président-élu, Donald Trump.

La première est loin d’être assurée. L’avance de Waymo et d’AV Ride sur Tesla en matière de conduite autonome est déjà sous les yeux de tous. Le lancement dans l’année par Amazon d’un robotaxi dépourvu de pédales et de volant rappellera à tous que le Cybercab de Tesla ne sera pas opérationnel avant 2026, au mieux.

Peut-être la dérégulation promise par Trump permettra-t-il à Tesla de lancer cette année un nouveau système de conduite autonome, sans devoir signaler les accidents. Peut-être l’offensive juridique contre OpenAI portera-t-elle ses fruits. Mais rien ne permettra à Grok, entraîné sur les données de X-Twitter, de combler son retard vis-à-vis de Gemini 2 de Google, de Meta AI ou même de Claude d’Anthropic, soutenu par Amazon.

Défaut de substance

Un temps, l’influence politique de Musk pourra masquer ses problèmes technologiques et continuer de faire rêver. Mais ici encore, la substance semble en défaut par rapport à l’hyperbole.

Non seulement Musk partage la responsabilité du Department of Government Efficiency (Doge) avec un autre entrepreneur, mais ce pseudo-ministère n’en sera pas un. Il semble destiné ne pas avoir d’autre pouvoir que consultatif, d’autre mission que de produire un rapport. De même, la tentative de Musk avant Noël de provoquer, à coups de tweets, la fermeture de l’exécutif fédéral a échoué à la dernière minute.

Le versatile Donald Trump est connu pour aimer non seulement diviser, mais provoquer des conflits au sein de sa cour. La prise de bec entre Elon Musk et Steve Bannon sur les migrants qualifiés, la semaine dernière, en est un premier exemple. Nul doute que bien d’autres embûches attendent l’entrepreneur d’origine sud-africaine avant que sa carrière météorique atteigne son zénith. 

Et qu’après avoir diverti, il lasse.

J.R.

Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_e2fc3ba0d6fb45c88c1b5968574b8f82