Hier, Apple a déçu. On attendait de la firme à la Pomme une annonce qui puisse arrêter le déclin de son image de porteur d’innovation et renverser l’effritement de son cours de Bourse, qui a permis à Microsoft, puis Nvidia, de s’imposer devant elle comme les plus grandes sociétés au monde.
Au lieu de quoi, une heure et demie de vidéo hyperbolique a noyé sous les petits détails de tel ou tel autre logiciel la seule évolution stratégique d’importance. Au moment où les AI PC de Microsoft connaissent leurs premiers problèmes de sécurité (lire Qant du 10 juin), où OpenAI souffre de son usage cavalier des données et où Google fait encore une fois marche arrière pour cause d’hallucinations de Gemini, Apple présente sa solution d’IA comme parfaitement sécurisée, tant qu’elle reste sur ses appareils et un cloud qu’elle crée pour l’occasion, avec ses propres puces.
Le coût de la sécurité d’IA
Une décision surprenante, car les processeurs d’Apple sont d’abord conçus pour des téléphones. Leur usage a été ensuite étendu aux Macs, mais ils sont loin d’être optimisés pour des datacenters. Ils incorporent en effet une CPU, une GPU et une NPU dans un seul circuit : la puce M2, par exemple, dispose de 72 cœurs graphiques utiles pour l’IA, mais ils sont couplés à 24 cœurs de CPU, ce qui semble loin d’être optimal. On peut donc s’attendre à ce qu’Apple accélère le développement de ses puces. Sa base d’utilisateurs peut même lui permettre de venir croiser le fer, à terme, avec les “hyperscalers” comme Microsoft et Google, qui sont déjà ses principaux concurrents.
Le consentement explicite de l’utilisateur sera demandé chaque fois que l’IA sort du périmètre de sécurité d’Apple, pour faire appel à GPT-4o, notamment. OpenAI sort grande gagnante de ce WWDC, car l’intégration de ChatGPT à Apple Intelligence devrait générer des millions d’utilisateurs supplémentaires (et, sans doute, un important défraiement de la part d’Apple). Mais Apple a rappelé, hier encore, qu’elle compte rapidement mettre ChatGPT en concurrence.
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