À la veille du livestream d’OpenAI, prévu ce soir (à l’heure de Paris), les spéculations sur la nature de l’annonce ont atteint le point d’ébullition. Elles tournent pour l’essentiel autour de la recherche.
Sam Altman et Greg Brockman, directeur général et président d’OpenAI, y sont allés de leurs démentis. L’annonce, prévue à l’origine la semaine dernière à San Francisco et la semaine prochaine à Paris – sans préjuger du reste du monde – ne concerne “ni GPT-5, ni un moteur de recherche”.
Contre-feu et muleta
OpenAI a tenté d’allumer des contre-feux. Ainsi de la “fuite” d’un document interne qui envisage de permettre aux utilisateurs de créer du contenu pornographique avec Dall-e et Sora. Il en va de même, plus sérieusement, de la brève apparition sur la chatbot arena de LMSYS de trois modèles différents, tous extrêmement puissants, tous baptisés de variations sur le nom de GPT2, comme “Also-a-good-GPT2-chatbot”. Sans compter que tout le monde attend, depuis plusieurs mois, l’ouverture au public de Sora, décrit comme le modèle text-to-video le plus puissant que l’on ait jamais vu.
Rien n’y fait : le taureau a vu la muleta et il charge. La découverte d’une URL “search.chatgpt.com”, redirigée pour l’instant vers “chatgpt.com”, fait que tout Internet bruisse de spéculations sur l’entrée d’OpenAI dans la recherche générative.
Terminologie
À défaut d’un moteur de recherche, OpenAI peut présenter ce soir une nouvelle méthode de recherche, à l’instar de Perplexity AI et You.com, voire des agents de recherche. Pour The Information, il s’agira d’un assistant vocal, susceptible de reléguer dans un musée Siri et Alexa.
Cela cadrerait parfaitement avec un accord avec Apple, que l’agence Bloomberg donne comme quasiment acquis. Certes, il faudra sans doute pour cela qu’Apple renonce aux 18 milliards de dollars (16,2 milliards d’euros) que Google lui verse chaque année pour pouvoir proposer le moteur de recherche par défaut sur l’iPhone. Mais il se pourrait bien que le juge antitrust ne l’y contraigne de toute manière – l’audience finale a eu lieu la semaine dernière. Et surtout, continuer d’accumuler du retard sur l’IA coûterait bien plus cher au colosse de Cupertino. Après le lancement désastreux, la semaine dernière, d’un iPad pourtant très abouti, Apple ne semble plus avoir d’autre choix que de passer par les fourches caudines d’OpenAI.
Calendrier
Les annonces s’échelonneront jusqu’en juin : ce soir, OpenAI ; demain, Google ; la semaine prochaine, peut-être Microsoft (et de nouveau OpenAI, mais en VF) ; le 10 juin, Apple. Un tel concert conduira sans doute Amazon, Salesforce et X-Twitter à donner également de la voix.
Dans la substance, tout ce tintamarre californien devrait accompagner l’apparition des premiers agents d’IA logés dans des smartphones, et non dans des appareils indépendants, comme le R1 de Rabbit et le AI Pin de Humane (qui ont reçu l’accueil des pionniers, trop enthousiaste puis injustement défavorable). Outre cette “agentivité” et les problèmes de sécurité qui l’accompagnent, il faudra juger des annonces sur cinq critères : la fiabilité, la multimodalité, la personnalisation, le raisonnement et la robotique.
L’INTÉGRALITÉ DE CE DOSSIER EST DISPONIBLE EN FIN DE LETTRE
Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_16987d511bf74875b83c3242ebd0d1e2