OpenAI vient d’annoncer un partenariat avec le groupe de médias allemand Axel Springer. Elle rémunérera à hauteur de plusieurs dizaines de millions d’euros par an – d’après le Financial Times – le droit de se servir des archives et de la production de titres comme Bild Zeitung, Die Welt, Business Insider et Politico pour l’entraînement de ses modèles. Quand les réponses de ChatGPT utiliseront ces articles, ils fourniront un lien vers la source.
L’objectif déclaré est donc aussi d’augmenter le trafic vers les sites d’Axel Springer et de générer des revenus d’abonnement. Cette fonctionnalité sera disponible dès la publication de l’article, permettant ainsi l’intégration de l’actualité dans les réponses de ChatGPT. Le contenu d’Axel Springer bénéficiera d’une “position avantageuse” dans les résultats de recherche de ChatGPT, a déclaré à Reuters Tom Rubin, directeur du contenu et de la propriété intellectuelle chez OpenAI.
La presse et la recherche
Une déclaration étonnante, qui semble indiquer que l’entrée d’OpenAI sur le marché du search n’est plus très lointaine, alors que Google lance une expérimentation dans 120 pays pour l’intégration d’une fenêtre d’IA dans sa page de résultats (lire Expert ci-dessous). Le partenariat entre Axel Springer et OpenAI fait suite à un accord similaire conclu en juillet avec l’agence Associated Press, portant sur une partie de ses archives. Il pourrait préluder à de nombreux autres, s’il s’enclenche une guerre entre géants pour l’accès à du contenu original et d’actualité.
Construit autour du tabloïd berlinois BZ, qui en reste l’emblème, et du quotidien conservateur Die Welt, le groupe Axel Springer a accueilli KKR à son capital, dans le cadre d’un LBO minoritaire en 2019. Il avait pris pied dans les médias numériques américains dès 2015, via le rachat de Business Insider, et s’est renforcé en 2021en reprenant Politico.
Son flamboyant PDG, Mathias Doepfner, avait adressé une lettre à ses salariés dans laquelle il expliquait son ambition d’utiliser l’IA pour améliorer l’efficacité de ses titres et faire d’Axel Springer un groupe « digital only » (lire Qant du 6 mars). En juin dernier, la presse allemande annonçait que le quotidien Bild prévoyait de supprimer 20% de ses emplois et d’intensifier son utilisation de l’IA (lire Qant du 22 juin).
Du verbe à l’action, il n’y a qu’un pas.
Pour en savoir plus :
Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_b47dc5dbcbc2485da8d6873da5ee9492