Un an, seulement. Depuis son lancement le 30 novembre 2022 (lire Qant du 9 décembre 2022) ChatGPT a connu une croissance fulgurante, atteignant 100 millions d’utilisateurs hebdomadaires. En comparaison, Instagram a mis un peu plus de deux ans pour atteindre 100 millions d’utilisateurs mensuels, Facebook environ quatre ans et demi pour compter 100 millions d’utilisateurs “actifs”, Twitter plus de cinq ans pour la même statistique. Threads a atteint 100 millions d’utilisateurs en moins d’une semaine mais son usage a depuis diminué. Le moteur de recherche Bing de Microsoft, qui a intégré l’IA générative de GPT-4, a dépassé 100 millions d’utilisateurs quotidiens en mars (lire Qant du 10 mars), plus d’une décennie après son lancement en 2009.
Le chatbot n’a pas servi qu’à aider des collégiens à faire leurs devoirs. Plus de 2 millions de développeurs travaillent actuellement sur l’API d’OpenAI, pour le compte de neuf sociétés du Fortune 500 sur dix, selon les déclarations de l’entreprise elle-même à l’occasion de sa conférence pour les développeurs (lire Qant du 7 novembre). Et OpenAI surfe sur le succès de son chatbot. En octobre dernier, Sam Altman revendiquait en interne que son entreprise avait dépassé les 1,3 milliards de chiffre d’affaires.
Itinéraire d’un surdoué
Reste à savoir comment le chatbot va sortir de la semaine chaotique qu’a connue ce mois-ci l’entreprise qui lui a donné le jour (lire Qant du 20 novembre, du 21 novembre, du 22 novembre et du 23 novembre).Pour les clients d’OpenAI, la situation n’est pas alarmante à court terme. ChatGPT est toujours fonctionnel et a même continué à présenter des nouveautés pendant la crise, le CEO prodigue est revenu à la tête de son entreprise, et la fuite des cerveaux crainte pendant quelques dizaines d’heures n’aura finalement pas lieu.
Lors de sa première conférence pour développeurs, peu de temps avant l’éphémère départ de Sam Altman, OpenAI a préparé la deuxième année de vie de ChatGPT en annonçant de nouvelles fonctionnalités. En un an, ChatGPT s’est connecté à Internet via Bing (lire Qant du 8 février), puis il a appris à analyser et commenter les images (lire Qant du 26 septembre) et désormais à échanger à l’oral (lire Qant du 22 novembre). L’évolution de ses compétences dépend évidemment des capacités multimodales du modèle de fondation.
Après cette enfance supersonique, l’adolescence de ChatGPT reste assez floue. Les rumeurs autour de Q*, une percée potentielle vers l’intelligence artificielle générale capable de surpasser l’humain, laisse se dessiner les contours d’un ChatGPT surpuissant capable de réfléchir et surtout de s’améliorer par lui-même. Mais le stade encore très préliminaire du développement de Q-Star incite néanmoins à la prudence. Au-delà des plans sur la comète, les très réels GPTs montrent un autre futur, celui d’un ChatGPT dissous en une myriade d’agents personnalisés, qui devraient bientôt être disponibles sur un store promis par OpenAI.
En attendant un hypothétique futur, OpenAI et Microsoft ont encore affronté les problèmes bien réels du présent. Les deux entreprises viennent d’être de nouveau poursuivies en justice pour avoir utilisé sans autorisation des œuvres d’auteurs pour entraîner leurs modèles. A la tête de la class action, l’auteur et éditeur Julian Sanction accuse OpenAI d’avoir copié des dizaines de milliers de livres pour apprendre à ses modèles à répondre aux prompts humains. A noter qu’il s’agit de la première plainte à nommer Microsoft. Joyeux anniversaire quand même.
Pour en savoir plus :
Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_578ffd7a834245968c8c942f35e22ed1