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La révolution des agents IA

Le fondateur de Microsoft a livré, la semaine dernière encore, une note sur la manière dont l’IA transformera l’informatique telle qu’il a contribué à la créer. Sa vision éclaire les choix que l’éditeur de Redmond vient de présenter à sa conférence pour les développeurs (lire ci-dessus) et sa stratégie de moyen terme, ainsi que celle d’OpenAI.

La révolution des agents IA

La création de Microsoft Copilot Studio, une solution permettant aux utilisateurs de créer leurs propres assistants IA répond évidemment aux GPTs d’OpenAI (lire ci-dessus et Qant du 7 novembre). On peut douter que leur lancement à une semaine d’intervalle relève de la coïncidence, alors que Microsoft détient, semble-t-il, 49% d’OpenAI et que le directeur général de Microsoft Satya Nadella avait fait le voyage de San Francisco pour apparaître à la conférence pour développeurs de l’ancienne start-up. 

Les deux semblent plutôt procéder d’une vision que Bill Gates développe publiquement depuis ce printemps, dans son blog Gates Notes et dans divers médias. Quand Satya Nadella, directeur général de Microsoft, déclare que l’IA générative sera “bigger than the Internet”, plus importante que la création d’Internet, il se fait directement l’écho d’une note de Bill Gates en mars dernier, selon laquelle “L’intelligence artificielle est aussi révolutionnaire que les téléphones mobiles et Internet”. Le fondateur de Microsoft y voit un changement aussi important que les interfaces graphiques qui l’ont conduit dans les années 1980 à faire passer sa start-up de MS-DOS à Windows, avec le succès que l’on sait. “Bientôt, la période précédant l’IA semblera aussi lointaine que celle où utiliser un ordinateur signifiait écrire après l’invite C:> et non cliquer sur un écran”, écrivait-il déjà.

L’irrésistible ascension de l’agent Nestor

Dans un article publié la semaine dernière, il reprend l’idée que l’ascension irrésistible des agents IA entraînera une transformation radicale de l’utilisation des ordinateurs dans les cinq prochaines années. Bill Gates décrit un avenir où les logiciels comprendront les instructions données en langage naturel, à l’écrit ou à l’oral, puis les exécuteront en se basant sur la connaissance qu’ils auront acquise de l’utilisateur en intégrant ses interactions en ligne et ses déplacements dans la réalité. 

De cette manière, un agent s’améliorera avec le temps et deviendra capable de faire des propositions selon les intentions que votre comportement lui suggère. Non pas Big Brother, donc, mais small brother ; non pas l’agent Smith mais Nestor à Moulinsart, doublé d’une agence de voyages, d’un concierge de grand hôtel et d’une assistante personnelle. 

Dans les mains d’Elon Musk ou Mark Zuckerberg, un tel avenir peut sembler terrifiant. Mais le fondateur de Microsoft ne semble pas atteint par les mœurs douteuses des réseaux sociaux. Il lui paraît évident que la décision restera toujours dans les mains de l’utilisateur final, grâce à la concurrence des créateurs d’agents.

Pour faire court, les agents pourront [vous] aider quasiment dans toutes les facettes de la vie”, écrit Bill Gates : “Pour créer une nouvelle app ou un nouveau service, il suffira de dire à votre agent ce que vous voulez”. La machine se codera toute seule, avec un effet considérable sur l’industrie du numérique et de l’informatique. 

Il ne s’agit pas que de code. Les agents dont Bill Gates prévoit la généralisation d’ici à cinq ans pourront remplacer la plupart des applications : pourquoi utiliser un traitement de texte, un tableur, un site de recherche ou d’e-commerce, quand il suffit de dicter un prompt ou demander quelque chose au meilleur prix ?

C’est exactement cette idée qui semble avoir nourri jusqu’à présent la stratégie de Microsoft et de sa presque-filiale OpenAI, qui ensemble ont amené des centaines de millions de particuliers et des dizaines de milliers d’entreprises vers les serveurs de Microsoft Azure. Sa mise en œuvre demandera encore bien des années.

Questions ouvertes

Sans même entrer dans les questions politiques et réglementaires qui se posent déjà sur l’IA en général, de nombreux sujets techniques doivent être définis avant que les agents ne déploient tous leurs effets. 

Les bases de données vectorielles forment une première avancée, mais cette nouvelle architecture suffira-t-elle à recueillir efficacement les masses de données sensibles générées par les modèles de machine learning qui animeront les agents, tout en en garantissant la sécurité ? 

Les protocoles de communication entre agents restent une question ouverte, tout comme la prévention des hallucinations et de biais, ainsi que les questions de sécurité et de confidentialité. Par exemple, comment régler simplement les informations que votre agent doit pouvoir partager ? 

Tout utilisateur de ChatGPT a pu mesurer ses progrès en matière d’hallucinations et de biais. Feu BingChat, devenu Microsoft Copilot, a toujours eu une longueur d’avance sur lui en la matière.

Tout comme le tandem Microsoft-OpenAI s’est acquis une longueur d’avance pour la future révolution des agents. Et même plusieurs.

Pour en savoir plus :

Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_6ab21e9f45834d059c8a2067e68d43f9