Les deepfakes audio s’immiscent dans la vie politique britannique. Un enregistrement audio posté sur X-Twitter par un dénommé @leo_hutz prétend faire entendre Keir Starmer, le leader du parti travailliste, insultant un membre de son équipe. Hors toute vérification, la polémique a déjà enflé sur les réseaux sociaux. Peu d’outils de détection sont disponibles, ce qui rend difficile la vérification rapide de l’authenticité d’un enregistrement.
Déjà, les élections slovaques ont été entachées par divers fakes audio, favorisant l’extrême-droite sortie en tête du scrutin. Un enregistrement, prétendant faire entendre le leader du parti Progressive Slovakia Michal Šimečka parler de ses plans pour truquer les élections, a été publié sur Facebook. L’intéressé a dénoncé cet enregistrement comme faux mais il aurait suffisamment circulé pour avoir un impact sur les élections, remportée par l’extrême-droite prorusse.
D’autres enregistrements de ce genre ont également circulé au Soudan et en Inde. Alors que générer une vidéo reste un processus difficile au résultat incertain, des IA comme celles d’Eleven Labs permettent d’entraîner des voix de synthèse plutôt crédibles et susceptibles de s’exprimer dans toutes les langues (lire Qant du 25 septembre).
Aux Etats-Unis, le débat sur l’IA et la campagne présidentielle est vif, depuis la vidéo du parti républicain qui a utilisé l’intelligence artificielle pour décrire les catastrophes qu’entraînerait la réélection de Joe Biden (lire Qant du 27 avril). Le mois dernier, un groupe bipartisan de parlementaires a proposé d’interdire la « distribution de médias audio ou visuels générés par IA matériellement trompeurs » par des candidats à exercer un mandat fédéral. Ce projet a peu de chances de voir le jour avant la présidentielle alors que l’effet du laxisme de Youtube et Facebook se fait déjà sentir.
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Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_40b882813dc342528a96ca8ae2188bc5