- Polygamie. Lundi 6 octobre, OpenAI et AMD ont scellé un accord pluriannuel pour 6 gigawatts de puissance de calcul, sur plusieurs générations de puces, avec un premier gigawatt déployé au deuxième semestre 2026. Pour aligner les intérêts, AMD a émis au profit d’OpenAI un warrant portant au maximum sur 160 millions d’actions (environ 10 % du capital) à 1 cent chacune. Les tranches sont conditionnées à des jalons d’achats (1 GW → 6 GW) et à des objectifs de performance/cours. AMD devient « core strategic compute partner » d’OpenAI, alors que Nvidia avait signé la semaine précédente un accord pour investir jusqu’à 100 Md$ au fil du déploiement de 10 GW de puissance de calcul, le premier gigawatt étant également prévu au deuxième semestre 2026.
- L’argent parle en gigawatts. Le Financial Times détaille ainsi un réseau d’accords autour d’OpenAI qui flirte avec les 1 000 Md$ d’investissement cumulé. Oracle, notamment, prévoit de miser 300 milliards sur 5 ans pour créer 4,5 GW de capacité cloud au sein de Stargate, qui devrait en totaliser.
- EN FILIGRANE : L’hypercroissance. OpenAI revendique désormais 12 milliards de dollars de revenus annualisés (ARR), avec plus de 800 millions d’utilisateurs hebdomadaires de ChatGPT. Ses besoins ne feront que croître au fur et à mesure que le succès du générateur de vidéos Sora 2 se confirme. Lancé la semaine dernière comme un réseau social rival d’Instagram et TikTok, il a engendré plus d’un million téléchargements en 5 jours alors même que sa croissance est bridée par un code d’activation. En outre, la plateforme API de ChatGPT, qui traite déjà 6 milliards de tokens par minute, devrait voir sa consommation exploser au fur et à mesure qu’elle intègre de nouvelles applications, que l’e-commerce s’y développe et que les agents d’IA démultiplient les besoins des 4 millions de développeurs sur la plateforme.
- À SURVEILLER : Un cercle en équilibre instable. En 2024, 4 clients ont généré 46 % du chiffre d’affaires de Nvidia. Le 27 juillet dernier, trois d’entre eux représentaient 56 % des créances de l’électronicien. Le financement de l’IA devient circulaire , avec des fournisseurs qui investissent chez leurs clients (Nvidia → OpenAI), des clients chez leurs fournisseurs (OpenAI→ AMD), avec un levier de dette de plus en plus important. Sam Altman devra avoir la main ferme pour qu’OpenAI ne soit pas déstabilisée par la crise qui s’annonce.
Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_aa205778b82c45a49df9b183abb4b24d