De la planification à l’aide à la décision, de la robotique à la navigation autonome, de la santé à la logistique, de nombreux cas d’usage de l’intelligence artificielle s’appliquent aussi bien aux entreprises qu’à l’armée et aux forces de l’ordre. Hier jeudi, se tenait à Paris le Forum de l’intelligence artificielle, qui a notamment mis en avant les synergies que les entreprises peuvent dégager avec les efforts de la France en matière d’IA de sécurité.
L’armée française et la gendarmerie sont en effet loin de débuter dans l’utilisation de l’intelligence artificielle. Une cellule de coordination de l’intelligence artificielle de défense (CCIAD) a été mise en place dès juillet 2019; un coordinateur pour l’intelligence artificielle a été nommé voici trois ans dans la gendarmerie, le général de brigade Patrick Perrot. « Nos ennemis, les criminels, ont aujourd’hui accès à l’intelligence artificielle grâce à l’open source et ils l’utilisent » explique-t-il : « Il est essentiel pour nous de garder ce temps d’avance, notamment en développant nos propres outils« . Pour cela, la gendarmerie utilise l’open source, dont le modèle Llama 2 de Meta, mais elle ne s’en contente pas: « Il faut comprendre les fondements mathématiques qui sous-tendent les modèles. »
ChatVauban
Le colonel Olivier Pinard Legry et Maël Jenny, conseillers IA au cabinet du ministre des Armées, ont de même insisté sur la nécessité pour les forces armées d’exceller dans le secteur de l’IA. Le colonel Pinard Legry parle ainsi de 400 cas d’usage de l’IA dans l’armée. Parmi eux, le projet Vauban : un ChatGPT à destination des armées, pour traiter les données classifiées.
Mais l’IA ne se limite pas aux modèles de langage. Maël Jenny cite l’exemple des sonars, et du rôle de “l’oreille d’or” dans un sous-marin, le spécialiste des sonars chargé de reconnaître les bruits : « Bientôt ce ne sera plus un homme seul, voire même plus un homme du tout« .
Pour l’heure, l’armée française dispose d’une centaine de GPU H100 de Nvidia, qui lui « permettent de faire du fine-tuning« . Autre denrée rare : les talents. Un campus de l’IA de défense est ainsi en cours de préparation au sein de l’école Polytechnique et l’armée multiplie les partenariats avec les écoles et les universités.
Tout cela passe par des réformes d’organisation. « Notre structure doit s’adapter pour le passage à l’échelle et permettre à l’armée d’être plus agile » explique le colonel Pinard Legry. Une préoccupation qui, sans être aussi révolutionnaire que la vision stratégique du général américain Mark Milley (lire Qant du 8 décembre), concerne toutes les entreprises.
Pour en savoir plus :
Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_e4c9e46917a2482ea31125731e8c4ee3