L’industrie musicale entre dans la danse des procès contre les géants de l’IA. Universal Music Group (UMG) vient en effet d’intenter une action en justice contre Anthropic, affirmant que l’entreprise a utilisé illégalement sa musique pour entraîner des modèles d’IA, en introduisant sans autorisation les chansons des artistes qu’il représente dans ses jeux de données. Cela marque la première grande action en justice de l’industrie de la musique contre un développeur d’IA. UMG réclame 75 millions de dollars de dommages et intérêts, aux côtés d’autres labels de moindre importance, comme Concord Music Group, ABKCO et Worship Together Music. Parmi les artistes “pillés”, Katy Perry, les Rolling Stones ou encore Beyoncé. Cette action en justice, qui est la première d’une maison de disques contre une entreprise d’IA concernant l’utilisation de paroles de chansons, intervient après que l’Authors Guild ait poursuivi OpenAI le mois dernier pour des raisons similaires d’infraction au droit d’auteur (lire Qant du 21 septembre).
Dans l’audio, chacun son outil
La musique générée par l’IA se situe actuellement dans une zone juridique floue, mais cela n’a pas découragé l’intérêt pour son développement : Meta (lire Qant du 13 juin), Google (lire Qant du 30 janvier) et Stability AI (lire Qant du 20 décembre 2022) ont tous lancé des outils de création musicale ces derniers mois. YouTube travaille d’après Bloomberg sur un outil basé sur l’intelligence artificielle permettant aux utilisateurs de reproduire la voix de musiciens célèbres lors de l’enregistrement audio.
Le géant du streaming vidéo a sollicité les maisons de disques pour obtenir les droits d’utiliser leurs chansons pour entraîner ce nouvel outil d’IA mais aucun accord n’a encore été signé avec un grand label. Le mois dernier, YouTube a tout de même dévoilé plusieurs nouveaux outils alimentés par l’IA pour ses créateurs, dont des arrière-plans photo et vidéo générés par l’IA et des suggestions de sujets vidéo (lire Qant du 25 septembre).
La question des droits d’auteur face à la montée des morceaux générés par l’IA a été mise en lumière lorsqu’une chanson de rappeurs Drake et The Weeknd générée par l’IA sans leur consentement est devenue virale. Quelques artistes, comme Grimes, ont adopté la musique générée par l’IA, mais la plupart, de Sting à Selena Gomez, ont réclamé que la réglementation protège leur voix contre la reproduction non autorisée.
Parallèlement à cette action en justice, Universal Music vient de signer un accord avec Bandlab Technologies, un développeur d’IA basé à Singapour qui anime un réseau social éponyme centré sur la création musicale. Leur collaboration vise à favoriser l’utilisation éthique de l’IA tout en protégeant les droits des artistes et des auteurs-compositeurs.
Et des labels.
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Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_d84d6b36743944efb9f066fd19f31a17