Sous l’influence de l’extrême droite trumpienne, les aides à l’Ukraine ont été exclues de l’accord permettant de préserver le fonctionnement des services essentiels de l’État fédéral aux États-Unis. La durable influence russe sur les mouvements populistes continue ainsi de porter ses fruits. Dans certains cercles, tout le monde lui attribue une longue série de victoires, qu’il s’agisse du Brexit ou de la victoire de Donald Trump en 2016, des MacronLeaks en 2017, des mouvements antivax pendant la pandémie… Outre la Russie, la Chine, l’Iran et la Corée du Nord semblent être passés maîtres en matière de désinformation.
On ignore encore ce que les grands modèles de langage comme ChatGPT pourront apporter à ces puissances offensives. Mais du côté de la défense, chacun s’équipe. Ces derniers jours aux États-Unis, la CIA et la NSA ont coup sur coup fait des annonces sur leur volonté d’utiliser l’IA générative. La NSA a ainsi lancé un centre de sécurité dédié à l’intelligence artificielle en réponse à l’intégration croissante des capacités d’IA dans les systèmes de défense et de renseignement américains (lire Qant du 2 octobre). Annoncé par le directeur sortant de l’agence, le général Paul Nakasone, ce centre collaborera avec le secteur privé et des partenaires internationaux pour renforcer la défense des États-Unis contre les menaces, provenant notamment de la Chine et de la Russie.
Objectif Chine
La CIA prévoit pour sa part d’utiliser un modèle de langage similaire à ChatGPT pour améliorer l’accès à l’information et la rédaction de notes par les agents de renseignements (lire Qant du 28 septembre). Randy Nixon, le directeur de cette division, a mentionné que le modèle permettrait aux utilisateurs de voir la source originale des informations et d’interagir avec le système via un chat. Objectif affiché : maîtriser les avancées de la Chine en matière d’IA. Car les innovations chinoises en la matière inquiètent beaucoup outre-Atlantique.
Le développement de l’IA dans les agences américaines doit en effet d’abord se comprendre dans le contexte de la concurrence sino-américaine dans le secteur de l’IA (lire Qant du 8 septembre). Mais le renseignement hexagonal s’est lui aussi pris au jeu de l’intelligence artificielle, comme toutes les forces armées. Le ministère des Armées vient de mettre en ligne une première version d’un chatbot respectueux du secret défense. Ce ChatGPT à la française aide les agents à synthétiser des documents, à les traduire, ou à obtenir des réponses à leurs questions diverses et variées.
En outre, si la DGSI travaille avec l’américain Palantir depuis les attentats de 2015, des pépites françaises émergent dans le secteur du renseignement, comme Chapsvision, qui vient de lever 90 millions supplémentaires (lire Qant du 2 octobre). La start-up est engagée dans un brs de fer avec Athea (née de l’alliance d’Atos et de Thalès) pour gérer à l’avenir le traitement des données de l’agence de renseignement française.
Après tout, quoi de mieux que ChatGPT pour créer des légendes …
M. de R. ; J. R.
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Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_d1e97394688f4a969e9a8792a2e7e451