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La Chine mise sur l’IA pour influencer les élections américaines

Microsoft et Meta tirent la sonnette d’alarme. À un peu plus d’un an de l’élection présidentielle américaine, l’ingérence étrangère, notamment venue de Chine, utilise massivement l’intelligence artificielle pour exercer son influence.

La Chine mise sur l’IA pour influencer les élections américaines

En fin de semaine dernière, Microsoft a publié une étude sur les menaces numériques que posent la Chine et la Corée du Nord. Plus de 230 influenceurs sur les différentes plates-formes, dont 14 francophones, seraient à la solde du parti communiste chinois. Leurs comptes utilisent notamment des technologies d’intelligence artificielle générative pour créer du contenu viral sur des sujets politiquement clivants. La statue de la Liberté ci-dessus, rebaptisée “Déesse de la violence” en est un exemple : l’IA est reconnaissable aux six doigts de la main droite de la statue. Mais ces images, de plus en plus sophistiquées, sont partagées par d’autres utilisateurs des médias sociaux sans réaliser qu’elles sont fausses. “Depuis 2022, les médias sociaux alignés sur la Chine (…) ont ciblé des candidats spécifiques dans leurs contenus sur les élections américaines en se faisant passer pour des électeurs américains” commente le rapport, qui estime l’audience directe des influenceurs prochinois à plus de 100 millions de personnes.

L’ambassade de Chine a répondu en parlant de « spéculation malveillante » à son encontre. Mais le rapport de Microsoft fait écho à l’étude, fin août, d’un autre géant de la tech : Meta. L’entreprise avait expliqué avoir démantelé la « plus grande opération clandestine d’influence multi-plateforme au monde« , qu’elle a pu relier à la sécurité chinoise et à une campagne de désinformation lancée dès 2019, joliment baptisée “Spamouflage”.

Les débuts d’une stratégie

Au total, Meta a supprimé 15 comptes Instagram et sur Facebook 7 704 comptes, 954 pages et 15 groupes visant à promouvoir la propagande chinoise. Cependant, l’opération de Pékin a ciblé plus de 50 plateformes, dont YouTube et TikTok, tout comme bien des réseaux plus confidentiels. Ces tentatives sont vues comme le début d’une stratégie chinoise d’influence en ligne.

L’une des premières campagnes de Spamouflage visait à faire croire que le virus de la Covid était d’origine américaine et non chinoise. Mais l’initiative semble avoir eu peu d’impact réel, car elle s’appuyait sur de nombreux faux comptes d’abonnés, créant ainsi une caisse de résonance tout aussi fausse. Meta estime qu’elle a touché guère plus d’un demi-million de personnes. On est loin de l’audience relevée par Microsoft.

Presque une tradition

Les tentatives d’ingérence de puissances étrangères à l’approche d’élections ne sont pas nouvelles. L’exemple de la Russie, qui s’était appuyée en 2016 sur les plateformes de Meta pour favoriser la victoire de Donald Trump aux États-Unis et celle du Brexit en Grande-Bretagne, résonne encore dans les esprits.

Il n’y a bien sûr pas que la Chine en lice. Le rapport de Meta relève des attaques venues de Turquie et de Russie alors que celui de Microsoft, concentré sur l’Asie, note que la Corée du Nord garde plus de dextérité dans la cybercriminalité que dans l’utilisation des réseaux sociaux. Tout récemment, des chercheurs de l’université de l’Indiana à Bloomington ont découvert sur X-Twitter un botnet de 1 140 faux comptes animé par ChatGPT pour promouvoir des cryptomonnaies (lire Qant du 1er septembre).

L’échéance de 2024 permettra de mesurer si oui ou non l’IA rend plus dangereuses ces stratégies d’influence par les réseaux sociaux. Les républicains américains et les conservateurs canadiens s’y adonnent déjà avec enthousiasme (lire Qant du 27 avril et du 28 juin).

Les Chinois aussi.

*Pour en savoir plus : *

Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_3aee75c824f04f5c9b317e1758fb35bc