Kathleen Hicks, secrétaire adjointe à la Défense américaine, vient de présenter une nouvelle initiative nommée « Replicator ». Cette dernière vise à créer des milliers de drones et systèmes autonomes (sans doute des plateformes d’armes) animés par l’intelligence artificielle. Elle a souligné que l’ensemble de ses outils devront être « petits, intelligentes, et peu coûteux ». L’investissement total sera tout de même de plusieurs centaines de millions de dollars, et concernera à la fois les combats sur terre, en mer et dans les airs. L’approche proposée s’inspire des capacités démontrées par la Task Force 59 de la marine américaine, conçue pour surveiller les activités militaires de l’Iran au Moyen-Orient, en utilisant notamment l’intelligence artificielle.
Kathleen Hicks a également anticipé les critiques qui ne manqueront pas de tomber sur un tel programme. Elle a insisté sur le fait que le Replicator n’est pas un nouveau programme et qu’il utilisera des financements existants, ce qui limite la capacité d’interférer des républicains au congrès. Sans surprise, elle a affirmé que les États-Unis maintiendront des normes éthiques élevées, insistant sur le fait qu’un humain sera toujours responsable de l’utilisation de la force.
En réalité, la robotique de combat progresse régulièrement depuis l’apparition des premières plates-formes d’arme autonomes à la frontière des deux Corées, dans les années 2000. La guerre en Ukraine a fait la preuve de l’efficacité des drones et de leurs cousins les plus avancés, comme les Switchlade 600, des munitions télé-opérées (dites “rôdeuses” ou “vagabondes”) de l’équipementier californien Aerovironment. Mais la cible ici n’est plus la Russie.
“La Chine n’attend pas”, a déclaré Kathleen Hicks dans des propos rapportés par le Wall Street Journal, faisant notamment référence aux inquiétudes américaines sur une potentielle invasion de Taïwan par Pékin. Comme la Russie sur l’Ukraine, l’armée chinoise détiendrait sur l’Amérique, en cas de conflit, l’avantage de la masse : “plus de chars, plus de navires, plus de missiles… plus d’hommes”. En s’équipant d’une multitude de robots de combat bon marché, l’armée américaine pourrait aider Taïwan sans se retrouver face à ce dangereux déséquilibre.
C’est du moins, semble-t-il, le raisonnement au Pentagone. Début août, une task force baptisée Lima y a été constituée pour déployer dans les états-majors les chatbots comme Bard et ChatGPT.
Trop tard pour que l’idée de la robotisation du combat soit venue de l’un d’entre eux.
*Pour en savoir plus : *
- **L’Ukraine accuse Musk **: Après avoir mis à disposition de la résistance ukrainienne son réseau satellite Starlink, Elon Musk en aurait secrètement ordonné l’arrêt inopiné près des côtes de Crimée afin de faire échouer une attaque-surprise ukrainienne sur la flotte navale russe. Elon Musk, une biographie du journaliste américain Walter Isaacson à paraître mardi, commence à nourrir la polémique.”Des civils et des enfants ont été tués. C’est le prix d’un cocktail d’ignorance et d’ego démesuré » réagit un conseiller du président Zelensky, Mykhailo Podolyak, sur X-Twitter, propriété du magnat sud-africain qu’il vise. La privatisation du régalien par la technologie est désormais sous les yeux de chacun.Pour en savoir plus: CNBC
Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_b0150a0790724ce48dc75b5830b0cccf