Alors que partout ailleurs les investissements en capital-risque s’écroulent, l’IA se maintient : à 22,7 milliards de dollars, les sommes reçues par des start-up au premier trimestre sont en ligne avec 2020 et 2022, alors que l’année 2021 donne l’impression d’un hapax éphémère. Certes, les 10 milliards investis par Microsoft dans OpenAI ne se répèteront pas à chaque trimestre, mais cinq autres start-up ont levé plus de 100 millions de dollars.
« La relative faiblesse des investissements dans l’IA générative tient au manque d’entreprises matures »
Parmi celles-ci, on retrouve Humane (lire Qant du 25 avril) qui veut proposer un assistant IA personnel sans smartphone, mais aussi Trusting Social qui propose des scores de crédit aux consommateurs, SirionLabs (plateforme SaaS de gestion des contrats d’entreprise), Amelia (solutions d’intelligence artificielle), Asimov (qui développe un logiciel d’ingénierie cellulaire) et Monogram Health (spécialisé dans les soins à domicile). Seule la première relève de l’IA générative (et des wearables): la relative faiblesse des investissements dans l’IA générative tient sans doute au manque d’entreprises matures (lire Qant du ****). Au fur et à mesure que le pipe-line des start-up se structure, le problème devrait se résoudre, d’autant que les acheteurs stratégiques sont là.
Apple met les bouchées doubles pour combler son retard dans l’AI : 21 acquisitions depuis 2017. Microsoft et Meta lui emboîte le pas mais Accenture les coiffe au poteau en se classant deuxième, avec 19 rachats. Accenture a ainsi annoncé il y a trois semaines un investissement de 3 milliards de dollars dans l’IA au cours des trois prochaines années pour renforcer son équipe de professionnels de l’IA et développer des solutions axées sur l’IA pour ses clients. L’entreprise prévoit de doubler la taille de son équipe Data & IA, passant de 40 000 à 80 000 employés, grâce à l’embauche, la formation et les acquisitions, ce qui signifie que les professionnels de l’IA représenteraient environ 10 % de la main-d’œuvre totale de l’entreprise. En outre, Accenture a annoncé son AI Navigator for Enterprise, une nouvelle plateforme qui travaillera avec les clients pour définir leurs cas d’utilisation de l’IA et choisir des architectures/modèles pour générer de la valeur de manière responsable.
De nombreux autres grands noms viennent garnir le palmarès, parmi lesquels IBM, Intel ou encore Oracle avec chacun entre 7 et 8 rachats.
Pitchbook termine son rapport avec l’analyse de la stratégie d’un de ses acquéreurs stratégiques : Databricks. Ce dernier a récemment annoncé acquérir la start-up Mosaic ML pour environ 1,3 milliards de dollars (lire Qant du 27 juin) pour répondre à la demande croissante des entreprises à construire leurs propres outils d’IA. Fondée en 2013, Databricks offre une plateforme de science des données comprenant une fonctionnalité d’IA en tant que service (AIaaS) et un ensemble d’outils de science des données pour l’ingénierie des données, l’entreposage de données et les algorithmes ML. La société, issue de la communauté open-source Apache Spark, a créé une plateforme unifiée d’analyse de données extensible qui peut ingérer des données de silos d’entreprise et les préparer pour le calcul basé sur des clusters. Databricks se distingue sur le marché de l’IA et du ML en soutenant les opérations d’apprentissage machine (MLOps) sur son lac de données, une fonctionnalité qui le distingue des fournisseurs historiques tels que SAP, Microsoft et AWS, tout en étant plus orienté IA que le fournisseur d’entrepôts de données de nouvelle génération, Snowflake. En termes de gestion, l’expertise technique de la direction de Databricks est capable de générer une croissance axée sur le produit et l’entreprise a renforcé son expérience en matière de sociétés cotées, ce qui la positionne pour une éventuelle introduction en bourse.
Pour en savoir plus :
Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_f84af5a1c0274d22909ac7ed446dd4b3