Après son audition au Sénat américain (lire Qant du 22 mai), Sam Altman, le CEO d’OpenAI, a entamé une tournée dans plus de 15 pays pour discuter de l’avenir de l’intelligence artificielle et présenter ses propositions de règlementation. Il s’est ainsi entretenu, lundi, avec le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki et le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez. Celui-ci assumera la présidence tournante de l’Union Européenne le 1er juillet, un moment crucial pour l’Américain, car il s’agira de mettre la dernière main et promulguer l’AI Act, un règlement européen qui sera la première législation majeure sur l’IA générative. En France, Sam Altman a rencontré mardi le Président Emmanuel Macron et le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, avant de partir pour Londres puis Munich, où il devait tenir des conférences à l’University College London et à Digital Life Design (DLD), un prestigieux événement du groupe Burda.
Sam Altman propose notamment la création d’une agence internationale qui délivrerait des autorisations de mise sur le marché aux systèmes d’IA les plus puissants, les intelligences artificielles générales (AGI) que préfigure GPT-4 (lire Qant du 23 mai). Cette agence de surveillance de l’IA devra veiller au respect des normes de sécurité. Altman a indiqué que si une superintelligence autonome en vient à être construite, il conviendra de la traiter avec la même vigilance que l’on porte au matériel nucléaire. Il s’inquiète également de l’impact potentiel de l’IA sur la démocratie et notamment de la manière dont elle pourra être utilisée pour envoyer des fake news ciblées pendant les élections.
Développer les talents et les technologies en France, agir pour une régulation aux niveaux français, européen et mondial, voilà nos priorités en matière d’intelligence artificielle —(**Emmanuel Macron, Twitter) **
Aucun des pays démarchés n’a pris pour l’instant position en faveur des mesures que réclame Sam Altman. L’AI Act tel qu’il a été voté en commission par le Parlement européen contient cependant déjà des mesures d’enregistrement (lire Qant du 12 mai) qui vont dans le sens du patron d’OpenAI. Celui-ci a promis de l’implanter bientôt sur le Vieux Continent, avec un bureau chargé de la R&D, et non seulement des affaires publiques.
Source : Emmanuel Macron
Pour en savoir plus : Reuters, Le Monde, El Paìs, The Verge
Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_c1fe2bef01ef45f1839e2e0fc837b8ac