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Attention, modèle méchant

Attention, modèle méchant

Quelle semaine. Depuis vendredi 10 mars, outre GPT-4, trois modèles de fondation ont été mis à la dispositions du public : les deuxièmes versions de Jurassic (créé par l’israélienne AI21 Labs) et de Claude (fruit d’Anthropic, désormais soutenue par Google) ainsi que la cinquième de Midjourney. Dans la terminologie en train de s’imposer, un modèle de langage naturel (LLM) est dit “de fondation” s’il est entraîné sur de grandes quantités de données et peut ensuite nourrir d’autres modèles plus spécifiques. La couche applicative, qui fait appel aux API de ces modèles, commence ainsi à se structurer.

La première application, bien sûr, reste la conversation : le succès universel de ChatGPT témoigne de l’appétit des gens pour une version plus oraculaire de la recherche sur Internet. Duck Assist de DuckDuckGo a ainsi rejoint Google Bard et Microsoft Bing au nombre des bêtas privées ou difficiles à trouver qui seront, peut-être un jour, ouvertes au public. Mais les risques de dérapage semblent très importants : même la version de ChatGPT sur GPPT-4 a été sévèrement bridée (lire notre banc d’essai ci-dessous).

L’accès aux modèles reste donc largement réservé à des partenaires considérés fiables, ou du moins approuvés et sachant utiliser une API. Il en est de deux sortes. Les grands éditeurs se mettent tous à intégrer des appels à l’IA générative dans leurs solutions : Google, Microsoft, Salesforce… Que l’on se serve de GMail, d’Outlook ou d’une quelconque solution de CRM, il deviendra vite impossible de rédiger un mail à un client sans qu’une IA ne se mêle de vous suggérer les “bonnes” formules.

Par ailleurs, OpenAI continue de proposer à des entreprises et d’autres organismes d’entraîner leurs propres modèles sur leurs bases de connaissances. Stripe et Morgan Stanley dans la finance, Snap dans les réseaux sociaux, Shopify dans le commerce électronique, Duolingo et Khan Academy dans la formation, l’Etat islandais pour le secteur public… Le pari est que, dans des conditions plus policées que le grand public, les modèles d’IA ne présenteront pas de dérapages.

J.R


Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_9bb363bff4ce4c7b935d09c97ed5fa0a