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OpenAI fait feu de toutes puces

Le créateur de ChatGPT a signé avec Amazon un accord de 38 milliards de dollars, pour pouvoir accéder dès maintenant à des centaines de milliers de GPU Nvidia. Ce choix s’inscrit dans une diversification accélérée des partenaires cloud d’OpenAI, au‑delà de Microsoft Azure.

  • Le fait nouveau • OpenAI confie à Amazon World Services (AWS) un contrat de 38 Md$ sur sept ans pour entraîner et faire tourner ses modèles sur « des centaines de milliers » de GPU Nvidia, avec un déploiement immédiat. L’accord marque une étape majeure dans l’accès d’OpenAI aux ressources Blackwell de Nvidia via les UltraClusters EC2, une infrastructure d’AWS destinée à traiter les charges de travail d’apprentissage automatique et de calcul haute performance à l’échelle exascale.

  • L’enjeu • Pour Amazon, le deal redore la compétitivité d’AWS face à Azure et Google en s’arrogeant une part de la demande quasi « insatiable » de calcul d’OpenAI ; les analystes y voient un signal de rattrapage stratégique d’AWS dans l’IA. Les marchés ont salué l’annonce, qui a soutenu le titre Amazon.

  • EN FILIGRANE : La stratégie d’OpenAI • L’accord avec AWS complète une politique de partenariats multiples : nouvelle mouture avec Microsoft (Azure reste premier partenaire « frontier », avec un engagement additionnel d’achats de 250 Md$) ; projet Stargate avec Oracle et SoftBank (4,5 GW supplémentaires aux États‑Unis, cap de 10 GW et 500 Md$ d’investissements) ; passage au silicium sur‑mesure avec Broadcom (10 GW d’accélérateurs, premiers déploiements attendus à partir de 2026) et diversification vers AMD (accords de fourniture incluant la génération MI450). Autrement dit, OpenAI sécurise du calcul sur plusieurs horizons : immédiat (Nvidia chez AWS/Azure), alternatif (AMD) et propriétaire (Asic maison avec Broadcom).
  • À SURVEILLER : Une mise en oeuvre complexe. L’accès garanti aux puces est devenu l’avantage concurrentiel numéro un d’OpenAI. Les goulets d’étranglement résident désormais dans l’assemblage avancé (notamment le packaging CoWoS) et la mémoire haut-débit (HBM). L’exécution sera capitale : des retards sur la chaîne d’assemblage (CoWoS/HBM), la puissance électrique et le refroidissement peuvent freiner les calendriers. Microsoft alerte déjà sur des défis inédits de densité et distribution d’énergie pour l’IA. Sans parler de la complexité logicielle d’un parc hétérogène (CUDA/ROCm/ASIC) à optimiser sans perte d’efficacité.

Amazon • Apple • D‑Wave Quantum • Getty images • Google • Meta • Open AI • Perplexity • Rigetti • Stable Diffusion • Windsurf

  • Fini de Siri-re • D’après Bloomberg, Apple Inc. prévoit de payer environ 1 milliard de dollars par an pour accéder à une version personnalisée du modèle Google Gemini (≈1 200 milliards de paramètres), afin d’alimenter la refonte de son assistant vocal Siri. Après évaluation de modèles de OpenAI et Anthropic, Apple aurait retenu Google essentiellement pour des raisons financières et opérationnelles.  Le modèle Gemini sera hébergé sur l’infrastructure « Private Cloud Compute » d’Apple pour garantir que les données utilisateurs restent cloisonnées, et Google ne sera pas impliqué dans l’exploitation des données personnelles.  Le déploiement est attendu au printemps 2026, et l’accord serait envisagé comme une solution transitoire, Apple travaillant parallèlement à son propre modèle IA pour l’avenir.
  • Comet laisse Amazon perplexe • Amazon vient d’adresser à Perplexity une mise en demeure exigeant le retrait de son assistant d’achat Comet de la plateforme Amazon.com, estimant que cet outil enfreint ses conditions d’utilisation en ne s’identifiant pas comme agent automatisé. Perplexity rétorque que Comet agit pour le compte d’un utilisateur humain et bénéficie donc des mêmes droits d’accès. Amazon réplique que d’autres services tiers, tels que les applications de livraison ou les agences de voyages en ligne, déclarent leur statut d’intermédiaires. Ce différend intervient après des accusations de Cloudflare, en juin, selon lesquelles Perplexity aurait contourné des restrictions anti-bots. L’affaire illustre les tensions croissantes autour des navigateurs agentiques, comme Comet ou ChatGPT Atlas. Ils sont en effet capables d’effectuer des achats et des recherches autonomes sans être influencés par la publicité, à la différence de l’internaute pour qui ils agissent.

  • GPT-4o, le flatteur qui rend fou • Sept familles américaines viennent d’engager des poursuites contre OpenAI, accusant le modèle GPT-4o de ChatGPT d’avoir contribué à des suicides et à des épisodes délirants. Quatre dossiers concernent des morts volontaires, dont celle d’un homme de 23 ans à qui le chatbot aurait répondu « Rest easy, king. You did good » (« Repose en paix, roi. Tu as bien fait. ») alors qu’il décrivait son intention de se tirer une balle. Les trois autres plaignants évoquent des troubles psychiatriques aggravés après des échanges prolongés avec ChatGPT. Les plaintes reprochent à OpenAI d’avoir précipité la sortie de GPT-4o en mai 2024, sans tests de sécurité suffisants, afin de devancer Google Gemini. L’entreprise a reconnu que les garde-fous pouvaient faiblir lors d’interactions longues. Ces procédures s’ajoutent à d’autres affaires similaires et interviennent alors qu’OpenAI affirme qu’environ un million d’utilisateurs évoquent chaque semaine le suicide avec ChatGPT. La société indique que GPT-5 réduit de 39 % les réponses jugées inadaptées par rapport à GPT-4o et que la conformité aux comportements souhaités atteint 92 % sur des tests simulant des conversations sensibles. Le côté flatteur, mielleux, prêt à tout pour plaire de GPT-4o est directement mis en cause mais cette « sycophancy » est demandée par les utilisateurs, qui se sont plaints du caractère trop factuel de GPT-5.

  • L’exception quantique • Alors que les valeurs liées à la tech et l’IA ont subi cette semaine une violente correction, notamment Palantir et Nvidia, les titres de l’informatique quantique continuent leur ascension : à New York, des sociétés comme Rigetti et D‑Wave Quantum ont enregistré des gains supérieurs à +1 900 % sur 12 mois, alors même qu’elles ne génèrent quasiment aucun chiffre d’affaires. On peut y voir, en partie, l’effet des négociations ouvertes par l’administration Trump pour que le gouvernement fédéral prenne des participations directes. Mais ce ne sont pas ces rares sociétés qui pourront compenser les inquiétudes sur les valeurs tech, qui pèsent plus du tiers de la capitalisation de l’indice S&P 500.
  • Getty recule à Londres • La Haute Cour de Londres vient de rejeter la majeure partie de la plainte de Getty Images contre Stability AI, accusée d’avoir utilisé ses images pour entraîner le générateur d’images Stable Diffusion. Getty a abandonné ses accusations principales de violation de droits d’auteur faute de preuves sur le lieu d’entraînement du modèle, ne conservant qu’un succès limité concernant l’usage non autorisé de ses filigranes. La juge Joanna Smith a estimé que Stable Diffusion ne stockait ni ne reproduisait d’œuvres protégées, soulignant ainsi une faille du droit britannique face aux modèles d’IA. Getty, qui a perdu 8,7 % en Bourse après la décision, maintient que le jugement établit un précédent en admettant que les modèles d’IA peuvent être objets de réclamations pour violation de droits. Stability AI a salué une décision « résolvant les questions centrales de copyright ». Cette affaire, dont l’enjeu principal reste juridiquement indécis, pourrait inciter Londres à préciser rapidement le statut légal des données d’entraînement des IA.
  • Codemaps : cartographie active du code • La plateforme Windsurf vient de lancer en version bêta la fonctionnalité « Codemaps », conçue pour visualiser et comprendre l’architecture d’une base de code via l’IA. Cet outil génère des artefacts partageables qui montrent l’ordre d’exécution, les relations entre composants et le flux de données. Deux vues sont proposées : une vue textuelle hiérarchique et une vue diagramme (avec prise en charge de syntaxe Mermaid). Codemaps s’intègre à l’agent conversationnel de Windsurf via un prompt-mention, permettant d’interroger directement la cartographie. Cette avancée pourrait faciliter l’intégration de nouveaux développeurs, le débogage de systèmes complexes et la documentation architecturale, tout en orientant Windsurf vers un positionnement plus structuré face aux assistants de code traditionnels.
  • Publicité piégée chez Meta • Des documents internes consultés par Reuters révèlent que Meta a projeté que 10 % de ses revenus 2024, soit environ 16 milliards de dollars, proviendraient d’annonces liées à des escroqueries ou à des produits interdits. L’entreprise estime diffuser jusqu’à 15 milliards de publicités frauduleuses chaque jour sur Facebook, Instagram et WhatsApp, générant près de 7 milliards de dollars de revenus annuels. Meta ne bloque un annonceur que si ses systèmes automatisés évaluent à plus de 95 % la probabilité de fraude ; en dessous de ce seuil, elle lui facture simplement un tarif majoré. Ces pratiques, en vigueur depuis au moins trois ans, exposent les utilisateurs à des sites d’investissement ou de commerce illégaux et à des ventes de médicaments prohibés. Meta conteste l’interprétation de ces chiffres, affirmant qu’ils incluent « de nombreuses » publicités légitimes. Ces révélations pourraient intensifier la pression réglementaire sur le groupe et relancer le débat sur la responsabilité des plateformes publicitaires numériques.

Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_1796e75baf30409780555d2c5ee38dd0