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Édito

Pour en finir avec Donald Trump

Après le choc, une semaine de réflexion a largement éclairci les raisons qui reportent au pouvoir Donald Trump, avec un programme décomplexé. Cinq tendances à surveiller se dégagent. Elles relèvent de la tech et dépassent largement son mandat, son programme et les seuls États-Unis.

Donald Trump, volume 2 • Qant, M. de R. avec Midjourney

  • À SURVEILLER 1 : De la démocratie en Amérique. La profonde modification de l’espace public, médiatique et politique de l’ère Trump se fonde sur la délinéarisation des médias et la manipulation des réseaux sociaux : la différence entre 2024 et 2016, c’est aussi celle entre l’IA et le big data, version Cambridge Analytica. Le phénomène est mondial et la transformation de Twitter en réseau de propagande amplifié par les grands réseaux de Meta et Tik Tok (sauvé de la vente forcée par l’élection de Trump) est sous les yeux de tous, même si elle doit encore être étudiée dans les détails. Peut-être l’assaut futur de l’administration Trump contre les institutions de son pays fera-t-il sortir de leur passivité les pays encore à même de réglementer plus sévèrement les médias sociaux. S’y résoudraient-ils, il n’est même pas certain qu’ils le puissent. Pendant la campagne américaine, après l’accrochage entre Elon Musk et le commissaire européen Thierry Breton – remercié depuis –, JD Vance a menacé de sortir de l’Otan si l’Europe forçait X à se plier à la loi.

  • À SURVEILLER 2 : La tech et le mercantilisme. Les supply chains de Tesla et SpaceX sont soumises aux mêmes contraintes que les autres. 40 % des fournisseurs de batteries électriques à Tesla sont chinois, par exemple. On aura donc ici une première mesure de l’influence réelle d’Elon Musk. Si la hache protectionniste s’abat tout d’abord sur le roquefort, les berlines et le thé vert, la Silicon Valley aura le temps de s’adapter. Mais il arrive que les mêmes causes produisent les mêmes effets. En 1930, le Smoot-Hawley Tariffs Act, sous le président républicain Hoover, a contribué à aggraver la récession américaine et, par le biais d’une guerre commerciale mondiale, à exporter la Grande Dépression partout dans le monde. Big Tech souffrirait tout autant d’une récession mondiale que d’une réelle mobilisation européenne sur l’open source.

Intel, Tesla et Apple figurent parmi les sociétés américaines qui vendent le plus en Chine • source : Mirabaud

Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_97613958fb08434b97c768f136cee2cd