Le robot humanoïde Nadia, développé par l’Institut pour la Cognition Humaine et Machine (IHMC) de l’université de Floride occidentale, en collaboration avec la start-up de Floride Boardwalk Robotics, a récemment été présenté dans une vidéo où il pratique la boxe grâce à un système de capture de mouvement en réalité virtuelle. Contrôlé à distance par un ingénieur équipé de lunettes VR, Nadia reproduit avec précision les mouvements du technicien, démontrant ainsi les capacités de téléopération avancées qui permettent de diriger ses bras et ses jambes en temps réel. Des développements en cours lui permettront d’intégrer des comportements autonomes et semi-autonomes, pour naviguer dans des environnements urbains et des bâtiments.
Cette approche de contrôle à distance pourrait déjà avoir des applications variées, notamment dans des situations dangereuses pour les humains, comme la lutte contre les incendies ou le désamorçage d’explosifs. En effet, grâce à ce type de téléopération, un opérateur peut visualiser l’environnement à travers les « yeux » du robot et prendre des décisions rapides, tout en maintenant les personnes hors de danger.
La bonne interface homme-machine
L’IHMC souligne l’importance d’une interface homme-machine efficace pour optimiser la collaboration entre humains et robots. Le centre explore divers types d’interfaces, y compris des solutions basées sur la réalité virtuelle, pour renforcer la communication et la coordination dans des missions complexes. Nadia a pour objectif de gérer de manière autonome des tâches tout en permettant l’intervention humaine dans des opérations plus délicates, ce qui pourrait faciliter son déploiement dans des environnements non structurés.
Le robot Nadia est conçu pour effectuer des tâches d’exploration urbaine et de manipulation à une vitesse comparable à celle d’un humain. Sa structure repose sur un système hybride combinant des actionneurs électriques et hydrauliques. Les actionneurs intelligents intégrés (ISA) de Moog jouent un rôle central dans son fonctionnement, assurant une efficacité énergétique optimale. Ces composants proviennent initialement d’un projet mené avec le Laboratoire des Systèmes à Pattes Dynamiques de l’Istituto Italiano di Tecnologia (IIT, lire Qant du 30 janvier) pour le robot quadrupède HyQ.
Des applications variées
Le développement de Nadia bénéficie d’un soutien diversifié d’agences fédérales américaines, incluant la Nasa, le Centre de Recherche de l’Armée Américaine (ARL) et l’Office de la Recherche Navale (ONR). Ces collaborations témoignent de l’intérêt de plusieurs secteurs, comme la recherche technologique, l’exploration spatiale et la défense.
Nadia se distingue par un rapport puissance/poids élevé et une amplitude de mouvement exceptionnelle, rendant le robot capable de se mouvoir dans des environnements complexes. Avec 29 articulations, elle dépasse en flexibilité la plupart robots humanoïdes existants, lui permettant d’atteindre des zones souvent inaccessibles pour les robots traditionnels.
Son nom a été choisi en hommage à la roumaine Nadia Comăneci, gymnaste emblématique de sa discipline. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres.
Pour en savoir plus :
Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_2b367234262b42a7b719e0ee76ecb86a