La semaine dernière, le cours de l’action Nvidia a passé le seuil symbolique des 1 000 dollars, portant la capitalisation du leader des puces d’IA à plus de 2 000 milliards de dollars (1 838 Md€). Cette puissance financière, qui se confirme d’un trimestre à l’autre (lire Qant du 22 février), dérive d’une véritable emprise sur le marché des puces d’IA : les ventes des GPU de Nvidia ont triplé en un an, à 26 milliards de dollars (24 Md€), portées par le marché des datacenters, qui quintuple de taille. Les trois leaders mondiaux du cloud, Amazon (AWS), Microsoft Azure et Google (GCS), ont généré à eux seuls 10 milliards de dollars (9,2 Md€) de chiffre d’affaires au trimestre dernier.
Il n’est pas étonnant qu’ils tentent de desserrer la prise. Microsoft a annoncé qu’elle offrirait à ses clients d’entraîner leurs modèles avec les GPU d’AMD et non plus seulement de Nvidia. AMD prévoit ainsi d’engranger cette année, grâce à ses nouvelles GPU, un chiffre d’affaires de 4 milliards de dollars. Intel pour sa part vient juste de présenter des puces graphiques et prévoit de réaliser un chiffre d’affaires initial de 500 millions de dollars. La britannique ARM, reine des téléphones mobiles, a investi massivement pour attaquer le marché des datacenters, avec l’aide de start-up comme la française SiPearl.
Des start-up parmi les géants
De plus, Google entraîne ses propres modèles, comme Gemini, sur des TPU (tensor processing units) produites en partenariat avec l’électronicien Broadcom. Ce dernier génère, sur cette seule activité, plus d’1 milliard de dollars (920 M€) de marge brute chaque trimestre. Microsoft et Amazon produisent leurs propres puces pour l’inférence (Cobalt et Graviton, respectivement), les calculs qui suivent l’entraînement. Elles semblent prêtes à suivre l’exemple de Google et lancer la fabrication de leurs propres puces d’entraînement – ou à racheter une start-up pour ce faire.
Cela donne espoir à une nouvelle génération de start-up : les américaines Cerebras, Groq, MatX et Sambanova Systems, notamment, ainsi que l’israélienne Hailo (lire Qant du 4 avril, du 22 févrierdu 30 novembre 2022). Cela pourrait aider à desserrer le marché, notamment si l’architecture des transformers, qui est celle de tous les LLM aujourd’hui, laisse la place à une nouvelle génération, comme celle des SSM (lire Qant du 16 avril).
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