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Gabriel, Albert et le fonctionnaire augmenté

Albert France Services, une expérimentation d’IA générative en cours depuis octobre dernier, a été présentée hier par le Premier ministre comme la clef des initiatives de simplification administrative. Mais les contraintes de son développement pourraient la rendre rapidement obsolète.

Gabriel, Albert et le fonctionnaire augmenté

Le Premier ministre Gabriel Attal a annoncé hier mardi le déploiement d’Albert, une IA souveraine à destination de l’administration et de ses usagers. Développée par une équipe d’experts de la Direction interministérielle du numérique (Dinum), le Datalab, Albert veut améliorer l’efficacité des services publics en simplifiant les procédures administratives.

Albert est conçue pour de multiples cas d’usage, qui concernent aussi bien les administrations centrales que la santé. Alors que s’ouvre la saison des déclarations de revenus, elle a été surtout présentée comme capable d’assister les agents publics en pré-répondant aux demandes des contribuables. Confrontés chaque année à plus de 15 millions de requêtes, les fonctionnaires auront pour nouveau rôle de vérifier et d’ajuster les réponses générées par l’IA avant de les envoyer aux usagers.

Annonce précipitée

Albert devrait permettre ainsi un gain de temps significatif sur des tâches répétitives. Le Premier ministre a souligné que cette initiative ne cherche pas à remplacer les fonctionnaires. Soulagés d’une partie de leur charge de travail, ils pourront mieux se consacrer aux interactions humaines. 

Annoncée en octobre dernier (lire Qant du 5 octobre 2023), Albert a été déployée en janvier dans une trentaine de guichets du réseau France Services, qui en compte 2 700. Le passage en production auprès des agents de la direction générale des finances publiques s’annonce donc comme un saut important et difficile.

Ambitions élevées

D’autant que les modèles de fondation finalement retenus, souveraineté oblige, sont des “petits” LLM open source : une variante de OpenHermes 2.5 (et donc Mistral 7B) et Llama 2 7B et 13B. On est très loin de la puissance de Claude, qui avait été initialement cité, ou bien sûr de GPT-4. La qualité des réponses dépendra donc du soin apporté au surentraînement avec les fonds documentaires de l’État.

Néanmoins, l’intégration d’Albert dans les services publics marque le début d’une série d’applications d’intelligence artificielle générative destinées à améliorer différents services. Parmi les futurs projets, on trouve Aristote, qui aidera les étudiants à travers des quiz personnalisés, et une IA destinée à la retranscription automatique pour les étudiants en situation de handicap.

L’IA entre au cœur de l’État.

Pour en savoir plus :

Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_da8d309d5b2d4ae48c3cf6c3d130902d