Alors qu’en France on s’inquiète de la manière de récupérer le retard accumulé dans l’IA (lire Qant du 14 mars), le gouvernement américain s’inquiète de plus en plus des risques posés par le développement de l’IA sur la sécurité mondiale. C’est en tout cas le sens du rapport commandé par le Département d’État à Gladstone AI (lire Qant du 12 mars). Il dresse un panorama alarmant des risques associés à l’IA et propose un cadre d’action pour renforcer la sûreté de ces technologies. Parmi ses propositions, l’idée d’une agence régulatrice de l’IA refait surface, en plusieurs étapes.
Tout comme la commission française pour l’IA, présenté hier, Gladstone n’a aucun pouvoir de décision. Il ne fait qu’exprimer l’état de la réflexion sur la problématique des l’IA. La différence entre Paris et Washington est saisissante.
Gladstone adopte une approche géostratégique et militaire, alors que ces enjeux sont absents de la réflexion française sur l’IA. Il invite les autorités américaines à établir au plus des garanties provisoires pour stabiliser le développement de l’IA, y compris des contrôles à l’exportation. C’est déjà partiellement le cas, si l’on pense aux restrictions qui pèsent sur les semi-conducteurs exportés en Chine (lire Qant du 29 juin 2023).
Le cabinet leur demande aussi de développer une surveillance de base sur les créateurs d’IA, le temps que le Congrès mette en place un régime juridique de développement et d’adoption responsable de l’IA, protégé par une nouvelle agence nationale, ce qui aura lieu au plus tôt l’an prochain, calendrier électoral oblige. En cela, on peut considérer que l’AI Act donne à l’Europe une longueur d’avance, si ce n’est que les délais de mise en œuvre ne rendront pas le règlement efficace avant 2026.
Gladstone propose enfin d’étendre le régime à l’international et au système multilatéral, créant ainsi une agence internationale de l’IA sur le modèle de l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA). De plus en plus, cette future agence devient le premier enjeu du futur sommet de Paris, en novembre prochain.
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Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_a4fba8614f854a68a8cb2262c954ae3e