Créé à la rentrée auprès de la Première ministre, le comité interministériel sur l’intelligence artificielle générative remettra son rapport aujourd’hui au Président de la République (lire Qant du 20 septembre 2023). Sous l’égide de l’économiste Philippe Aghion et la présidente de l’École normale supérieure Anne Bouverot, il prend une position très optimiste sur l’effet de l’IA sur la croissance et l’emploi.
La diffusion dans l’économie française de l’IA devrait générer 250 milliards à 400 milliards d’euros de PIB supplémentaire d’ici à 2030. Un à deux points pourcentages de croissance supplémentaires qui seraient fort bienvenus, au moment où la révision à la baisse des prévisions tend les finances publiques comme jamais.
95 % des emplois comprennent des tâches qui ne seront pas remplacées par l’IA générative, estiment les experts. Cela pourrait impliquer tout de même la disparition d’un emploi sur vingt, soit 1,5 million de postes, et la réorganisation d’un plus grand nombre encore.
Investissements publics
Le rapport proposera des investissements publics massifs : 5 milliards d’euros par an. Ils seront destinés au développement des supercalculateurs d’IA dans le cloud, comme celui qui a été lancé par Scaleway en fin d’année dernière (lire Qant du 20 novembre 2023), ainsi qu’à la formation à l’IA et généralement à l’investissement dans le secteur.
A Vivatech l’an dernier, Emmanuel Macron avait annoncé 500 millions d’investissements (lire Qant du 20 juin 2023) dont on a eu peu de nouvelles par la suite. Le premier plan IA, doté de 1,5 milliard d’euros en 2018, a abouti à la création de quelque 600 start-up en France, mais moins d’une dizaine de celles qui se sont lancées dans l’IA générative ont trouvé des financements jusqu’à présent.
Très proche de l’industrie naissante de l’IA, le comité comprenait de grandes figures comme Yann le Cun, prix Turing, qui dirige l’IA chez Meta tout en enseignant à New York University et Joëlle Barral, senior director chez Google DeepMind, ainsi que l’ancien secrétaire d’État Cédric O, aujourd’hui investisseur chez Mistral, Arthur Mensch, cofondateur de la start-up devenue championne française de l’IA.
Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_46230343b2924d6b89484216a53a6886