La Commission fédérale du commerce américaine (FTC) vient de lancer une investigation approfondie sur trois investissements distincts : Microsoft dans OpenAI, Amazon et Google dans Anthropic (lire Qant du 11 janvier 2023, du 26 septembre 2023 et du 30 octobre 2023, respectivement, ainsi que le numéro du 12 décembre 2023). Cette démarche, annoncée par Lina Khan, la présidente de la FTC, vise à examiner l’impact potentiel de ces collaborations sur les dynamiques concurrentielles du marché. De même, l’Autorité britannique de la concurrence (CMA) a expliqué recueillir des informations pour déterminer si le partenariat entre Microsoft et OpenAI constitue une « situation de fusion pertinente« .
Ces investigations pourraient mener à des enquêtes formelles pour évaluer la conformité de ces accords avec les réglementations existantes sur les fusions et acquisitions. L’accent est mis non seulement sur les applications nuisibles de l’IA, mais également sur la concentration du pouvoir de marché entre les mains de quelques leaders du secteur.
Jusqu’à présent, Microsoft n’avait pas eu à déclarer aux autorités de concurrence son investissement dans OpenAI, grâce au statut associatif de cette dernière. Mais la crise de gouvernance de cette dernière en novembre dernier (lire Qant du 21 novembre 2023), a montré que la dimension commerciale primait désormais sur l’association de recherche.
Un porte-parole de Google a réagi à l’annonce de la FTC en espérant que l’enquête permette de mettre en lumière des pratiques douteuses … chez la concurrence : » Nous espérons que l’étude de la FTC mettra en lumière les entreprises qui n’offrent pas l’ouverture de Google Cloud ou qui ont une longue tradition de verrouillage des clients – et qui adoptent la même approche pour les services d’IA. »
Il faut dire que Google n’en est pas à sa première accusation de pratiques anti-concurentielles. L’an dernier, un procès s’est ouvert opposant l’entreprise au département américain de la Justice (lire Qant du 14 septembre 2023). L’objet : le quasi-monopole de Google sur le search, et l’avantage déterminant que celui-ci peut lui fournir pour la formation de ses modèles.
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Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_acb1f9ca775a400b8fdab2e3f510daef