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Le grand chambardement

Malgré quelques études prudentes, le consensus veut que les effets de l’IA générative sur le marché du travail se fassent sentir l’an prochain. Accrochez vos ceintures.

Le grand chambardement

Mille études concordent : l’année 2024 s’annonce comme un tournant décisif dans le monde du travail. Peu importe que le Bureau International du Travail (BIT), cet été, ait jugé que l’IA générative augmentera la plupart des emplois, plutôt que les automatiser et les faire disparaître. La plupart des observateurs rejoignent le sentiment de ResumeBuilder, un service américain de recherche d’emploi. 

Sur la base d’entretiens avec 750 dirigeants d’entreprises, ResumeBuilder relève que 53% des entreprises utilisent déjà l’intelligence artificielle, une part qui devrait dépasser les trois quarts l’an prochain. Plus d’un tiers des dirigeants (37 %) estiment que l’automatisation a déjà remplacé des emplois cette année et 44% prévoient que l’IA mènera l’an prochain à des licenciements. 

Le BIT propose des chiffres plus systématiques. Il estime que 75 millions d’emplois dans le monde peuvent être automatisés, soit 2,3% du total. Les travailleurs qualifiés seront les plus atteints, particulièrement les femmes. L’exposition à l’IA est en effet la plus forte chez les employés de bureau et dans les professions où la présence féminine est la plus forte.

L’écart est moins significatif pour les emplois “augmentés”, où l’IA prendra en charge une partie des tâches pour augmenter la productivité de chacun. 427 millions d’emplois sont concernés, soit 13% des travailleurs dans le monde.

L’IA introduit donc une pression constante sur le marché du travail, avec un besoin croissant de formation et de reclassement. Selon McKinsey, cela devrait concerner environ 12 millions de postes d’ici à 2030 aux États-Unis (lire Qant du 5 octobre). Tous emplois confondus, 30% des heures travaillées devraient être automatisées.

Les entreprises commencent à investir dans la formation aux compétences en IA, comme en témoigne l’initiative « AI Ready » d’Amazon Web Services, visant à former 2 millions de personnes à l’IA d’ici 2025 (lire Qant du 22 novembre). 96% des dirigeants interrogés par ResumeBuilder considèrent que les compétences en IA seront un atout majeur pour les candidats en 2024. Les entreprises cherchent des individus capables de travailler avec l’IA, de la gérer et de l’interpréter.

Pour en savoir plus :

Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_6b1aaa820541491193757cee974c99ec