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Entre Pékin et Washington, un bras de fer mondial sur l’IA

La décision de l’émirati G42 de cesser tout partenariat avec des entreprises chinoises marque un nouvel épisode de la longue guerre que les États-Unis mènent contre Huawei. Sur fond de tensions sino-américaines dans l’IA.

Entre Pékin et Washington, un bras de fer mondial sur l’IA

Cet été, le groupe G42 a lancé, via sa filiale Inception, un LLM open source nommé Jaïs, de 13 milliards de paramètres, entraîné sur un jeu de données en arabe et en anglais de presque 400 milliards de tokens. Fondé à Abu Dhabi en 2018 par Peng Xiao, un Chinois naturalisé Émirati, G42 est tout sauf un petit joueur. Il gère entre autres un fonds d’investissement de 10 milliards de dollars et le Condor Galaxy, un supercalculateur dédié à l’entraînement d’IA (et qui propose 4 exaflops avec un réseau de 64 Cerebras S2).

Depuis le lancement de Jaïs, G42 ne cesse de se rapprocher des États-Unis. En octobre, il a conclu un accord pour commercialiser dans la péninsule arabique les modèles d’OpenAI et, par extension, sans doute le cloud Microsoft Azure (lire Qant du 20 octobre). La semaine dernière, il a annoncé son intention de cesser ses partenariats avec les entreprises chinoises. Cette décision intervient après des avertissements répétés des services de renseignement américains sur les liens de G42 avec la Chine. Ceux-ci sont allés jusqu’à agiter l’épouvantail que des données génétiques américaines soient mises à la disposition du gouvernement chinois mais le fond de l’affaire tient à l’utilisation par G42 de matériels fabriqués par Huawei. D’après les déclarations de son fondateur à la presse, G42 s’est trouvé acculé à choisir.

Huawei rit, Nvidia pleure

Les sanctions imposées par l’administration Trump contre Huawei en 2019 ont été renforcées par l’administration Biden l’an dernier. Cette dernière a également imposé des restrictions générales à l’exportation de puces d’IA vers la Chine, qui touchent particulièrement le leader du marché. Nvidia réalise en effet 20 % de son chiffre d’affaires en Chine. En octobre dernier, Nvidia a précisé dans un document envoyé au régulateur boursier que les nouvelles GPU pour l’exportation qu’elle avait conçues pour se conformer aux sanctions ont été elles-mêmes spécifiquement interdites (lire Qant du 26 octobre). 

Huawei a accusé le coup : en 2022, ses bénéfices se sont réduits de 69%, à 5 milliards de dollars environ, alors que son chiffre d’affaires continuait d’augmenter de 1%. Sa position de premier fournisseur de puces d’IA fait affluer les commandes (lire Qant du 8 novembre). Et son retard sur les électroniciens américains semble en train de se combler.

Pour en savoir plus :

Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_2e5477653fe045cd80b3a11f49c34360