Quelque cinq cents millions d’appareils dans le monde proposent l’accès aux services de l’assistant vocal d’Amazon, Alexa. Comme Siri d’Apple et OK Google, cette première génération d’IA grand public se prépare à muer profondément, sinon disparaître. Ainsi, en septembre dernier, Amazon a présenté une version mise à jour d’Alexa, équipée de fonctionnalités d’intelligence artificielle générative, rendant ses conversations plus naturelles sans nécessiter de mot de réveil (lire Qant du 22 septembre). Cette semaine, le géant a présenté Map View, qui cartographie les appareils connectés à Alexa. Les utilisateurs peuvent créer un plan numérique de leur domicile et y associer leurs appareils connectés, transformant Alexa en plateforme de gestion domotique. Conçu pour simplifier le contrôle des dispositifs intelligents, Map View affiche l’état de chaque appareil, comme les aspirateurs Roomba, filiale d’Amazon, la musique jouée par un Echo ou l’état des lumières, et permet leur contrôle direct depuis le plan.
Cependant, la division Alexa a enregistré une perte de 10 milliards de dollars en 2022 (lire Qant du 23 novembre). Elle a déjà subi une part importante des 27 000 licenciements annoncés par Amazon au cours des derniers 12 mois. David Limp, son leader de longue date, a quitté l’équipe. En outre, Amazon a été condamné à payer 46,7 millions de dollars pour violation de brevets par Alexa. Les quatre brevets en question appartiennent à l’entreprise britannique VB Assets, filiale de Nuance Communications. VB Assets avait développé un haut-parleur circulaire connecté à Internet et répondant à des commandes vocales, bien avant Amazon.
Monter vers l’Olympus
Amazon justifie ces licenciements par le recentrage sur l’intelligence artificielle générative. Dans une note envoyée au personnel, Daniel Rausch, vice-président d’Alexa et Fire TV, écrit que : « À mesure que nous continuons à innover, nous réorientons certains de nos efforts pour mieux nous aligner (…) sur ce que nous savons être le plus important pour les clients, notamment (…) nos efforts axés sur l’IA générative. » En mai dernier, le directeur général d’Amazon Andy Jassy avait en effet annoncé que l’entreprise travaille sur un LLM plus « généralisé et performant » pour alimenter Alexa (lire Qant du 5 mai). Début novembre, The Information révélait les performances du futur modèle d’Amazon, baptisé Olympus (lire Qant du 9 novembre). Avec 2000 milliards de paramètres, il pourra rivaliser avec GPT-4, sinon GPT-4 Turbo. Olympus devrait unifier les déploiements d’IA au sein de l’entreprise, remettre AWS dans le jeu des services d’IA et, peut-être même, rendre Alexa rentable.
Pour en savoir plus :
Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_053c85164a8846f989c73cb51026ecdc