Reporters sans frontières (RSF), en collaboration avec l’Alliance de la presse d’information générale, viennent de lancer le « projet Spinoza ». Présenté pour la première fois en septembre dernier, il prépare un outil d’IA spécifiquement conçu pour les journalistes, en garantissant la propriété intellectuelle des médias sur leurs publications. Le but est donc de développer une culture de l’IA et de la technologie au sein de la communauté des journalistes, en leur offrant un outil fiable et transparent. Le modèle de langage utilisé sera open source, pour permettre aux médias qui le désirent de développer leurs propres outils à partir de l’expérience du projet.
Un premier prototype, commandé à la société Ekimetrics, devrait être réalisé d’ici à la fin 2023. Il se focalisera sur le traitement d’informations liées au changement climatique, permettant aux journalistes d’accéder à trois bases de données vectorielles, incluant les données du Giec, des articles scientifiques et d’autres de presse. “Le projet n’est pas de rédiger des articles, mais de produire rapidement des synthèses d’informations précises et sourcées” remarque Vincent Berthier, responsable du bureau technologies chez RSF. L’outil, financé par RSF et l’Alliance, est conçu en collaboration avec des journalistes de divers médias, pour s’assurer qu’il réponde à leurs besoins spécifiques.
Culture de l’IA et droits voisins
Le projet Spinoza se présente comme une manière d’appréhender les défis posés aux médias par l’IA générative : “Ce projet est aussi une expérimentation. Pour RSF, c’est une manière d’en apprendre encore plus sur l’IA” , continue Vincent Berthier qui rappelle le rôle des médias : “La proposition de Spinoza est de dire : les modèles d’IA ne peuvent pas se former sans les données des médias. Ces dernières ont une valeur et une importance. Il va falloir s’attaquer au problème de la répartition de la valeur : il y a une industrie qui en dépend ”.
Sa position est partagée par la profession bien au-delà de la France. Aux États-Unis par exemple, la News Media Alliance, qui représente quelque 2200 éditeurs, affirme que les créateurs de modèles comme OpenAI privilégient les articles de presse par rapport au contenu générique en ligne pour l’entraînement des modèles et que les chatbots reproduisent parfois des extraits d’articles dans leurs réponses, ce qui pourrait constituer une violation du droit d’auteur (lire Qant du 10 novembre).
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Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_160af4518d934373b0f3003dbe12bb72