L’intelligence artificielle (IA) est déjà en train de transformer profondément le monde scientifique. Selon une enquête récente menée par Nature, plus de la moitié des 1600 chercheurs interrogés estiment que l’IA devient « très importante » ou « essentielle » pour leurs domaines de recherche. Ce qui n’est pas sans susciter leurs inquiétudes.
La science n’échappe pas à la mode. L’analyse de Nature montre une augmentation constante des articles de recherche mentionnant des termes liés à l’IA au cours de la dernière décennie, qui atteignent 8% de tous les articles écrits cette année : plus du quart de la recherche informatique, mais de nombreux autres domaines sont touchés.
Les techniques d’apprentissage automatique sont désormais bien établies et les avancées récentes dans les modèles de langage de grande taille (LLM) ont permis de produire des résultats fluides. Ces modèles ont été utilisés pour résumer des articles, générer des idées, écrire du code et même pour produire de nouvelles structures protéiques ou améliorer les prévisions météorologiques. Deux tiers des répondants ont souligné la rapidité de traitement des données grâce à l’IA et 55% ont mentionné les économies de temps et d’argent qu’elle permet.
Malgré ces avantages, de nombreux chercheurs sont préoccupés par l’impact de l’IA sur la science. 69% estiment que l’IA peut entraîner une dépendance excessive à la reconnaissance de motifs sans véritable compréhension. De plus, 58% pensent que l’IA peut renforcer les biais ou discriminations présents dans les données. Jeffrey Chuang, spécialiste de l’analyse d’images du cancer, explique ainsi à Nature : « L’IA remet en question nos normes actuelles de preuve et de vérité. »
68% des chercheurs sont préoccupés par la possibilité que ces modèles propagent des informations erronées ou facilitent le plagiat. L’enquête a également révélé que de nombreux chercheurs estiment qu’il subsiste des obstacles importants à l’utilisation de l’IA. Pour certains, il s’agit d’un manque de ressources informatiques ou de financement, tandis que pour d’autres, il s’agit d’un manque de formation ou de compétences.
De plus, la domination des entreprises commerciales dans les ressources informatiques pour l’IA reste une préoccupation. Mais comme le souligne à Nature Yury Popov, spécialiste des maladies du foie : « L’IA est transformative. Nous devons maintenant nous concentrer sur la manière de garantir qu’elle apporte plus de bénéfices que de problèmes. »
*M. de R. *
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Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_594dfca2494346258c64f64403af0fa6