Aller au contenu

Veille tech & IA — analyses Qant Recherche

Article

Vers une politique française et européenne de l’IA

Les Etats généraux de l’information se sont ouverts hier en France, pendant que le trilogue sur l’AI Act européen enregistrait de premières avancées.

Vers une politique française et européenne de l’IA

Annoncés en juillet, les États généraux de l’information ont été lancés ce mardi dans l’Hexagone. Leur objectif: définir les nouvelles règles du jeu dans un paysage médiatique en mutation, face aux défis tels que la désinformation, la concentration des médias et la protection des sources journalistiques. Sébastien Soriano, ancien président de l’Arcep, dirigera un groupe de travail consacré notamment au contrôle de l’intelligence artificielle, aux responsabilités des producteurs d’outils technologiques, à la lutte contre la désinformation et, plus généralement, au droit à l’information à l’ère numérique. Coordonnés par un comité de pilotage indépendant, présidé par Bruno Lasserre, ancien vice-président du Conseil d’État, les groupes de travail thématiques élaboreront jusqu’en mai 2024 une liste de recommandations qui sera présentée en juin au Président de la République.

Il leur faudra tenir compte de l’AI Act, dont les négociations trilatérales semblent en passe de se débloquer. Elles opposent le Conseil des États membres, qui espèrent favoriser l’émergence d’une industrie européenne de l’IA, et le Parlement, qui a prévu de réglementer très strictement les modèles, notamment en termes de droit d’auteur. D’après le média professionnel Contexte, la Commission a proposé au trilogue de Strasbourg, lundi et mardi derniers, un compromis qui imposerait aux modèles de fondation des obligations croissantes en fonction de critères comme leur taille – ce qui favoriserait les “petits” Européens comme le français Mistral, qui vient de présenter un modèle à 7 milliards de paramètres. La France, toutefois, voulait ôter toute référence aux modèles de fondation du règlement. Un accord de “filtre supplémentaire”, qui impose aux créateurs de modèles de s’auto-évaluer, a été trouvé sur les systèmes d’IA à haut risque, quoique la liste des cas d’usage ne soit pas arrêtée. Le principal point de désaccord semble porter sur la gouvernance, particulièrement la création d’une agence européenne de l’IA (lire Qant du 5 juin).

Tels les carabiniers d’Offenbach, les États généraux de l’information arriveront sans doute après que la bataille soit terminée. Pour les professionnels de la culture, en tout cas, le lobbying a déjà commencé. 70 organisations liées à la création et aux industries culturelles ont exprimé leurs préoccupations concernant la position française sur le règlement de l’IA, à travers une tribune publiée dans Le Monde vendredi. Elles plaident pour une approche plus détaillée que la simple publication d’un « résumé » des données d’entraînement des modèles d’IA, souhaitant une liste exhaustive des œuvres utilisées et de leurs sources. En réponse, la vice-présidente tchèque de la Commission, Vera Jourova, appelait dans le Financial Times, mardi, à éviter la “paranoïa” dans la réglementation. Et, par exemple, à rouvrir l’épineux sujet de la directive sur les droits d’auteur.

*Pour en savoir plus : *

Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_f9c2cc60940b4533a83551a5d5a5759c