Aller au contenu

Veille tech & IA — analyses Qant Recherche

Article

IA, téléphone maison

Alors qu’on entraîne l’IA à chercher de la vie extraterrestre, deux astronomes de haut niveau suggèrent une nouvelle solution au paradoxe de Fermi. Et si les ET étaient des IA ?

IA, téléphone maison

L’IA est partout.

En janvier dernier, une équipe de chercheurs de l’université Curtin en Australie a utilisé l’IA pour chercher des signes d’une vie extraterrestre. Ces scientifiques, à la recherche de preuves de vie intelligente au-delà de la Terre, ont conçu un système IA surpassant les algorithmes classiques dans la détection de signaux. Lors de l’analyse avec cette IA d’un jeu de données précédemment étudié, huit signaux, non détectés par les algorithmes traditionnels, ont été découverts. Bien que ces signaux ne proviennent probablement pas d’une intelligence extraterrestre, mais plutôt d’interférences radio rares, cette avancée montre le potentiel de l’IA dans la recherche de vie extraterrestre. L’IA excelle dans la reconnaissance de motifs et est de plus en plus utilisée pour classifier les signaux trouvés dans d’énormes volumes de données radio.

En février, des astronomes de l’université de Californie à Los Angeles (UCLA) ont lancé un projet de science citoyenne intitulé « Breakthrough Listen » invitant le public à analyser des images de signaux radio. Les volontaires contribuent à classer ces images pour déterminer d’éventuelles interférences, aidant ainsi à former un modèle d’IA pour analyser les données provenant de l’observatoire de Green Bank, en Virginie-Occidentale. Cet observatoire fait partie du Seti (pour Search for extra-terrestrial intelligence), un projet scientifique lancé en 1960 qui vise à rechercher des signes de vie extraterrestres.

D’autres chercheurs californiens menés par Freddie Kalaitzis ont entraîné une IA pour détecter des motifs associés à la vie dans le désert, en étudiant les microbes qui vivent dans les dômes de sel, cristaux et roches du Salar de Pajonales, situé entre le désert d’Atacama et la région de l’Altiplano au Chili. Ce site pourrait être comparé à des planètes apparemment stériles mais regorgeant de vie. En associant l’apprentissage automatique et l’écologie statistique, ils ont pu identifier la plupart des biosignatures présentes. L’IA pourra, à terme, être utilisée pour détecter des signes de vie sur d’autres planètes depuis des drones ou des satellites.

Dernier exemple, l’intelligence artificielle aide les scientifiques à classer les étoiles susceptibles d’avoir des lunes ou des planètes prometteuses en orbite, pour une future exploration avec le télescope radio Fast, le plus grand du monde, situé en Chine.

Les petits robots verts

IA ou non, les astronomes ne peuvent chercher directement une « intelligence » extraterrestre, juste des « technosignatures » – des signaux hypothétiques indiquant la présence de technologie. La détection d’une technosignature inexpliquée suggérerait que les humains ne sont pas les seuls créateurs de technologie dans la Voie lactée, mais ne pas en détecter ne signifie pas nécessairement que nous sommes seuls. Ce qui garantit des recherches durables.

Deux scientifiques réputés viennent de faire mieux, beaucoup mieux. Martin Rees, “astronome royal” membre de la chambre des Lords, et Mario Livio, astrophysicien israélien directeur de recherche au Space Telescope Science Institute, qui utilise le télescope spatial Hubble, suggèrent que les extraterrestres qu’on détectera seront en fait des IA.

Leur théorie s’appuie sur le paradoxe de Fermi : considérant la multitude de planètes habitables dans la galaxie, s’il y existant des civilisations extraterrestres, leurs représentants devraient être déjà chez nous. Or, ceux-ci brillent par leur absence. Selon Martin Rees et Mario Livio, nous cherchons en fait au mauvais endroit, essayant de trouver des aliens alors qu’il faudrait chercher … des robots.

Les deux astrophysiciens expliquent qu’il existe des limites chimiques et métaboliques à la taille et à la puissance des cerveaux organiques. L’évolution de l’intelligence organique pourrait donc être une phase éphémère avant que les machines ne prennent le relais. Les intelligences post-humaines ou post-ET pourraient évoluer bien au-delà des capacités biologiques, devenant des entités électroniques n’ayant pas besoin d’une planète et existant peut-être dans l’espace profond.

Par conséquent, si nous devions détecter une intelligence extraterrestre, il serait bien plus probable qu’elle soit électronique et non organique. En fin de compte, les efforts de recherche d’intelligences extraterrestres comme le Seti devraient peut-être se concentrer non seulement sur des signaux radio ou optiques, mais aussi sur des preuves de constructions non naturelles ou même des artefacts extraterrestres dans notre propre système solaire.

Ou plus loin, vers l’infini. Et au-delà.

Pour en savoir plus :

Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_cccf9dad4e4947dfb1558011661611cd