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Après l’hyperbole

L’engouement pour l’IA générative montre les premiers signes de fléchissement. Mauvaise nouvelle pour certains investisseurs, mais bonne nouvelle pour le secteur.

Après l’hyperbole

Après le lancement de ChatGPT en novembre, l’essor des start-up basées sur l’intelligence artificielle générative semblait inarrêtable. Il n’en est bien sûr rien. Les start-up de la première génération souffrent fortement. Jasper, par exemple, s’était imposée sur le marché avant le lancement de Chat-GPT. Elle permettait à chacun d’utiliser GPT-3 pour générer des textes commerciaux, le “copywriting”. Remplacée par Chat-GPT, la start-up a dû licencier du personnel et revoir ses projections de chiffre d’affaires cet été, selon le Wall Street Journal, malgré les 125 millions de dollars levés à l’automne dernier.

D’autres start-up, lancées peut-être un peu trop vite, déçoivent déjà : Synthesia, qui a lancé une application de création de vidéos à partir de texte, n’aurait pas rencontré le succès, d’après le même quotidien. Mais comme elle a levé 90 millions de dollars en juin, elle peut se laisser le temps pour que la technologie s’affirme.

Tout cela relève d’un phénomène habituel dans le financement des start-up, mais les inquiétudes sur l’IA nourrissent un fonds pessimiste. Il a suffi que les visites aux sites de Chat-GPT et Midjourney fléchissent un peu pendant l’été pour que le débat naisse aux États-Unis. L’échec du lancement de Claude et les doutes sur Stability AI n’ont rien simplifié. Sans doute la probable reprise de Chat-GPT à la rentrée (lire Qant du 4 septembre) suffira-t-elle à dissiper les nuages, mais il faudra pour cela attendre les statiques de septembre, le mois prochain.

«La mode, c’est ce qui se démode» disait Cocteau (et non Coco Chanel). La course entre Microsoft et Google pour diffuser dans tous les logiciels des technologies d’IA générative débouchera l’an prochain, achevant de généraliser l’utilisation de l’IA dans l’écriture de textes et de courriers, et bien sûr de code informatique. En revanche, la construction d’une nouvelle interface où l’homme parlera à la machine en langage naturel, charge à celle-ci de comprendre et générer le code nécessaire, prendra encore de longues années.

Le métavers s’est démodé. Pas l’IA.

Et la réalité virtuelle reviendra vite.

J.R.

*Pour en savoir plus: *

Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_551c4bbe1c0340b59aea9a10756c1fcf