Après avoir fait un tour du côté des IA génératives d’image (lire Qant du 22 juin), retour du côté des chatbots, pour continuer à avancer dans le développement de l’agence marketing du Gourmet Digital. Cette fois ci, nous demandons à ChatGPT Plus, BingChat et Claude de réfléchir à un market sizing pour l’agence. A noter qu’un market sizing est une opération complexe qui demande de nombreuses données. Pour cette épisode, l’objectif est surtout de demander aux robots comment ils comptent procéder pour réaliser ce market sizing : quelle méthode utiliser, avec quelle méthode, etc…
Pour rédiger le prompt qui sera proposé aux trois outils, on utilisera la proposition de valeur créée précédemment par Claude (lire Qant du 15 juin). Le prompt proposé est alors le suivant :
Tu es le dirigeant d’une agence de marketing digital nommée Le Gourmet Digital. Ton agence aide les marques alimentaires françaises traditionnelles à déployer une stratégie de marketing numérique efficace tout en préservant leur identité. Tes clients sont les petites et moyennes marques alimentaires françaises au patrimoine riche mais aux moyens marketings limités. Pour une présentation, tu dois dimensionner le marché à l’aide d’un market sizing et tu recherche des chiffre sur le TAM (marché total disponible), le SAM (segment de marché disponible) et le SOM (segment de marché capturable). Explique quelles sont tes premières idées sur la manière dont tu procèdes pour estimer le TAM, le SAM et le SOM, y compris quelques sources potentielles de données. Limite ta réponse à 200 mots.
Ordre alphabétique oblige, le premier outil testé est Bing Chat. Pour rappel, le navigateur propose trois type de réponse : “Plus créatif”, “plus équilibré”, “plus précis”. Contrairement à la création du nom ou de la proposition de valeur, nous choisissons l’option “plus précis”. L’idée n’est en effet pas d’être créatif, mais bien précis dans le marketing sizing. A noter aussi que l’un des avantages affichés de Bing Chat est d’indiquer systématiquement ses sources, ce qui nous intéresse particulièrement dans le cas présent. La réponse de Bing Chat au prompt est la suivante :
Voici quelques idées pour estimer le TAM, le SAM et le SOM du marché alimentaire français :
*Pour le TAM, on peut utiliser la valeur totale de la consommation alimentaire des Français, qui était de 232 milliards d’euros en 2020 selon l’infographie du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire. *
*Pour le SAM, on peut se baser sur la part des produits des industries agroalimentaires dans la consommation alimentaire, qui était de 17% en 2020 selon la même source. On peut aussi affiner le SAM en fonction du type de produits alimentaires (bio, frais, local, etc.) et du segment de clientèle visé (haut de gamme, moyen de gamme, etc.). *
*Pour le SOM, on peut utiliser le chiffre d’affaires des entreprises agroalimentaires françaises, qui était de 191 milliards d’euros en 2020 selon le panorama des IAA du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire. *
On peut aussi comparer le SOM avec celui des concurrents directs et indirects sur le marché. Ces chiffres sont des estimations basées sur des sources officielles, mais ils peuvent varier selon les méthodes de calcul et les sources utilisées. Il faut donc les vérifier et les actualiser régulièrement.
Les sources indiquées par Bing sont le ministère de l’Agriculture et Statista.
Proposons maintenant le même prompt à ChatGPT. L’expérience des premiers épisodes nous a montré que, si BingChat utilise ChatGPT, les deux outils proposent des résultats souvent très différents. Voici la réponse de ChatGPT :
Pour estimer le TAM, je commencerais par chercher les chiffres des dépenses totales en alimentation en France via les rapports d’organisations telles que l’INSEE ou l’IFOAM. Le SAM serait défini en se concentrant sur les dépenses pour les marques alimentaires traditionnelles françaises. Les informations peuvent être tirées d’études de marché spécifiques ou de rapports sectoriels.
Pour estimer le SOM, je considérerais d’abord la part du marché alimentaire qui est petite ou moyenne entreprise (PME), ce qui pourrait être trouvé dans les rapports d’organisations professionnelles ou de la chambre de commerce. Ensuite, je tiendrais compte de la part de ces PME qui ont actuellement une présence numérique limitée ou pas du tout, ce qui pourrait être déterminé par une combinaison de recherches de terrain et d’analyse des données en ligne.
Ces chiffres fourniraient une première estimation du TAM, du SAM et du SOM, mais ils devraient être affinés et validés par une analyse plus détaillée.
Enfin, quittons OpenAI avec Anthropic, en soumettant notre prompt à Claude. Voici sa réponse :
Pour estimer le TAM (marché total), je m’appuierai sur les données de l’INSEE concernant le nombre d’entreprises agroalimentaires en France, en particulier les PME, soit environ 32 000 entreprises.
En considérant un budget moyen de 50 K€ par an pour une stratégie de marketing digital, le TAM serait d’environ 1,6 milliard d’euros. Pour le SAM (segment de marché addressable), je concentrerai l’analyse sur les PME agroalimentaires ayant un fort ancrage régional et un positionnement haut de gamme basé sur la qualité, soit environ 5 000 entreprises.
Le SAM serait donc de 250 millions d’euros. Pour le SOM (segment potentiellement capturable), je prendrai en compte deux critères: 1) les PME agroalimentaires déjà sensibilisées aux enjeux du marketing digital mais peinant à trouver une agence adaptée à leur identité de marque, et 2) celles exportant une partie significative de leur production, nécessitant une visibilité numérique à l’international. Je les estime à 1 500 PME. Le SOM s’élèverait ainsi à 75 millions d’euros.
Mes principales sources de données seraient l’INSEE, les rapports des chambres de commerce et d’agriculture sur les PME agroalimentaires, les études sur le marché du marketing digital en France et les budgets moyens des PME pour ce poste, et une enquête réalisée par Le Gourmet Digital auprès de PME cibles pour affiner les critères de segmentation. Ces chiffres restent une estimation initiale qu’il faudra affiner, mais donnent une idée du potentiel de ce marché pour une agence spécialisée dans le marketing digital des marques alimentaires françaises traditionnelles. Ils seront à présenter et justifier plus en détail dans le cadre de la dimensionnement final du marché.
Verdict
Si les trois résultats rendus par les robots sont satisfaisants, la proposition de Claude semble se détacher. Elle répond à toutes les demandes du prompt, et est très complète notamment parce qu’elle va plus loin que ses concurrents en proposants des chiffres concrets. Il s’agira dans un second temps de vérifier ses chiffres, mais le chatbot d’Anthropic sort vainqueur de cette partie de l’expérience, et c’est sa “méthode” qui est donc retenue.
M. de R.
Voir l’épisode précédent sur la création du logo du Gourmet Digital*. *
Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_a5ef4d34b7af4fd7bb4df988aabb489e