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La grande pagaille électorale

Pendant que les fakes politiques se multiplient et que les médias sociaux relâchent le contrôle, l’ancien CEO de Google Eric Schmidt les invite au contraire à réguler le contenu généré par l’IA.

La grande pagaille électorale

L’ancien CEO de Google, Eric Schmidt, prédit que l’absence de régulation du contenu fallacieux ou trompeur généré par des outils d’intelligence artificielle sur les réseaux sociaux créera d’importants problèmes lors des élections à venir aux Etats-Unis. Dans une interview à CNBC, il déplore la ‘“pagaille” qui commence à s’installer dans la campagne et souligne que le danger immédiat de l’IA, c’est la désinformation. “Il faut protéger la liberté d’expression des gens, pas des machines”, s’exclame-t-il sur la chaîne. Ancien CEO de Google et président d’Alphabet, Eric Schmidt réagit notamment à l’annonce de YouTube, propriété de Google, de ne plus supprimer les contenus promouvant le “grand mensonge” sur les fraudes électorales aux Etats-Unis en 2020, qui auraient privé Donald Trump de sa victoire. Mais Meta aussi a fortement réduit son engagement contre les fake news, réduisant ses investissements et licenciant les trois quarts de ses équipes ce printemps. Et comme on sait, Twitter a fait de la liberté d’exprimer une propagande mensongère un cheval de bataille.

Ce sont tout d’abord les politiciens conservateurs d’Amérique du Nord qui se sont saisis des nouvelles technologies. Parfois avec maladresse : Anthony Furey, candidat à la mairie de Toronto, a par exemple représenté une électrice à trois bras (ci-dessus) au milieu d’images représentant de faux clochards dans les vraies rues de la ville. Ce qui a commencé par des courriels de collecte de fonds avec des images promotionnelles composées par l’IA se transforme en un flot régulier de matériaux de campagne créés par l’IA. Fin avril, le parti républicain américain avait marqué un tournant, en diffusant un spot généré par intelligence artificielle qui simule un second mandat de Biden marqué par des catastrophes. La vidéo présente une série de photos créées par IA montrant Biden et la vice-présidente Kamala Harris faisant face à une invasion chinoise de Taïwan et décrétant la loi martiale à San Francisco (lire Qant du 27 avril).

A la Chambre des représentants de Washington, une élue démocrate de New York, Yvette Clarke, vient de présenter une proposition de loi qui exigerait que les publicités politiques utilisant du matériel généré artificiellement comportent un avertissement. La Chambre étant contrôlée par les républicains et bloquée par leurs divisions interne, l’idée restera lettre morte.

Mais sans doute serait-il sage que les gouvernements européens s’en inspirent.

Pour en savoir plus :

Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_bf4160ccbd7d467ea6217b9cbc699932