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Que prépare la longue litanie des pratiques douteuses des cryptos ?

Pendant que la France engage à son tour des poursuites contre Binance, la plateforme Crypto.com se trouve épinglée pour avoir mélangé les rôles d’investisseur et de place de marché.

Que prépare la longue litanie des pratiques douteuses des cryptos ?

Après le scandale de la banqueroute de la plateforme crypto FTX, provoquée par les activités spéculatives de sa société-sœur, Alameda Research, les pratiques d’animation et d’investissement dans les “échanges” de crypto-actifs ne cessent de générer de nouveaux doutes.

Hier, le Financial Times a révélé que la plate-forme Crypto.com déployait des équipes internes dont elle avait nié l’existence pour animer certains jetons sur son marché. La plateforme singapourienne, parmi les dix premières places de marché de cryptomonnaies au monde, nie toute illégalité, précisant que son « market maker » interne est traité exactement de la même manière que les « market makers » tiers. Le quotidien britannique, dont la révélation ont provoqué la chute d’entreprises de la taille de l’allemande Wirecard en 2021, fait état de cinq sources distinctes. Il remarque que le gendarme de la bourse new-yorkaise, la SEC, a épinglé Binance, le leader du secteur, précisément pour la même raison.

Parmi les 13 accusations que la SEC a formulées contre Binance (lire Qant du 29 mars), figure en effet l’utilisation d’une société de trading appartenant au PDG Changpeng Zhao pour s’engager dans un « trading manipulatoire qui gonfle artificiellement le volume des échanges de la plateforme« . Au début du mois, la SEC américaine avait engagé des poursuites contre Coinbase et Binance, accusant ces deux importantes bourses de cryptomonnaies de violation de ses règles, et en particulier d’avoir échangé plusieurs cryptoactifs sans les avoir enregistrés en tant que valeurs mobilières. Les deux plates-formes contestent l’autorité de la SEC en la matière, s’identifiant comme des traders de matières premières dépendant de la CFTC.

Une affaire de mœurs

Binance fait également l’objet d’une enquête par les autorités françaises pour des soupçons de fourniture illégale de services de crypto-monnaies et de blanchiment d’argent aggravé. Le Monde a rapporté vendredi que cette enquête préliminaire, qui a commencé en février 2022, est dirigée par le service d’enquête judiciaire financier sous l’autorité des autorités de Paris. La France avait été choisie par Binance comme premier pays où se donner une existence juridique, après être devenue leader mondial des cryptos sans autre implantation que numérique.

En matière d’animation de cours et de murailles de Chine internes, les premières années des cryptos ont indiscutablement laissé aux pionniers des mœurs très permissives, qu’elles s’avèrent légales ou non selon les pays. Rien de tout ceci cependant n’entache l’enthousiasme retrouvé pour les crypto-actifs. Portés notamment par la transformation d’Ethereum et la perspective du halving sur la chaîne Bitcoin (lire Qant du 30 mai et du 13 avril), ils ont en général retrouvé leur valeur de la fin 2020.

Binance a réussi, pour l’heure, à éviter la saisie de ses actifs aux Etats-Unis. Mais son marché semble destiné à suivre la direction des stablecoins, qui forment l’interface entre la finance traditionnelle et les cryptos. Certains acteurs, comme le leader Tether, ont quitté les Etats-Unis après avoir payé de fortes amendes et se sont installés sous les cieux plus cléments des Bahamas. D’autres, comme Circle, se sont créés pour offrir une passerelle parfaitement en règle pour les investisseurs, permettant à Wall Street de s’ouvrir aux cryptos

J.R.

Sources:

Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_118b1e422ec14816825f76722f2921a7