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IA : le modèle européen

Le projet d’AI Act européen n’en finit pas de faire des vagues aux Etats-Unis, où le débat sur la régulation de l’IA commence à prendre forme. La Commission, en la personne de Thierry Breton, pousse l’avantage.

IA : le modèle européen

Après leur prise de bec publique la semaine dernière, le commissaire européen Thierry Breton et le CEO d’OpenAI, Sam Altman, ont prévu de se rencontrer à San Francisco le mois prochain. Ils pourront ainsi discuter de l’AI Act européen avant que celui-ci ne rentre dans la phase de « trilogue » entre la Commission, le Conseil et le Parlement européens. Les normes elles-même ne seront pas négociées, officiellement, mais le cabinet de Thierry Breton a promis « une session de travail sur la mise en œuvre » du futur règlement, avec un examen approfondi du traitement des données d’entraînement. C’est la nécessité de respecter le droit d’auteur dans celles-ci qui pose problème à OpenAI et vraisemblablement à toute la profession (lire Qant du 30 mai).

L’impasse politique de Washington rend très improbable que les Etats-Unis règlementent l’IA avant l’Europe. Avant même l’entrée en vigueur du règlement européen, prévue en 2026, la Commission espère former un « pacte » avec des entreprises volontaires : Thierry Breton a rencontré la semaine dernière, en ce sens, le CEO d’Alphabet Sundar Pichai. Ce serait une grande première : l’Europe sortirait de sa position d’adversaire des géants de la tech pour créer, avec eux, la réglementation mondiale de l’IA.

En face, Bloomberg rapporte que des dissensions internes à l’administration Biden ont laissé les Etats-Unis sans position claire sur la règlementation de l’IA pendant la quatrième réunion du EU-US Trade and Technology Council, qui vient de se tenir en Suède. Une partie reste alignée sur les positions anciennes, qui cherchent à protéger la prévalence américaine dans la tech. Ceux-là dénoncent le risque qu’une réglementation exigeante, à l’européenne, bénéficie à la Chine. Mais d’’autres semblent avoir entendu les clameurs qui montent des entreprises pour plus de règlementation, comme l’appel des entrepreneurs hier (lire Qant du 31 mai). Cela pourrait ouvrir la porte à une collaboration avec l’Europe pour la règlementation de l’IA, si Biden est réélu avec une majorité démocrate au Congrès.

Une autre, très grande première.

Pour en savoir plus :

  • Exclusive: EU’s Breton to discuss AI rules with OpenAI CEO in June, Reuters
  • ChatGPT Risks Divide Biden Administration Over EU’s AI Rules, Bloomberg
  • Digital in the EU-US Trade and Technology Council, Commission Européenne
  • OpenAI’s Altman Clashes With EU Commissioner Over AI Regulation, Bloomberg

Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_ea33717c095b4d8fa74febf8b8200247