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L’IA en vrai, 1 : La Chine et les robots

L’IA en vrai, 1 : La Chine et les robots

**Voici des années que l’intelligence artificielle déploie ses effets dans l’économie mondiale. Alors que chacun s’interroge sur les grands modèles de langage naturel auront sur l’économie et l’emploi, Qant vous propose une série sur les premiers impacts de l’IA. « En vrai». **

Les robots industriels, médicaux et de service sont fréquemment déployés avec des logiciels d’intelligence artificielle. Bien que les robots collaboratifs (et auto-apprenants) ne représentent que 7,5 % des robots industriels installés en 2021, le HAI AI Index Report de l’université de Stanford considère ainsi qu’ils constituent la première infrastructure “AI-Ready” dans le monde. Leur nombre total frôle les 3,5 millions, et il s’en installe 400 000 à 500 000 chaque année.

Depuis 2013, la Chine est le pays où il s’en installe le plus. En 2021, l’Empire du Milieu en a déployé 268 000, soit plus que tous les autres pays réunis. La distribution suit bien l’intérêt que chaque pays porte à l’industrie : la France n’arrive qu’en huitième position, loin derrière l’Allemagne et l’Italie.

S’il ne s’est installé que 39 000 robots industriels collaboratifs en 2021, les nouveaux robots médicaux et de service ont eux, pour la première fois, dépassé les 100 000 installations (+37% à 121 000), dont la moitié dans les transports et la logistique. La France est cinquième par nombre de constructeurs de ces robots plus avancés et les Etats-Unis dominent le secteur. La convergence prévisible avec les grands modèles de langage naturel, comme Palm-e de Google (lire Qant du 9 mars), pourrait mener à une explosion de ces robots de services. Les navettes autonomes, notamment, apparaissaient comme les principaux robots au CES 2023.

Il semble évident que la réindustrialisation de la France, qu’appelle régulièrement de ses vœux le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, devra d’abord être une robotisation. Or, dn 2017, une étude de Pascual Restrepo à Yale et Daron Acemoglu au MIT avait conclu que chaque nouveau robot industriel aux Etats-Unis conduisait à la suppression de 3 à 6 emplois. Peu après la sortie de ChatGPT, Daron Acemoglu a lancé une mise en garde dans nos colonnes, appelant à un “nouveau fordisme” (lire Qant du 10 février).

Pourtant, on peut difficilement dire que sa robotisation à marches forcées a conduit à une désindustrialisation de la Chine.

J.R.

Pour en savoir plus :

Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_4a2d8c2cf3394d6595429aa367d7a0e8